Français · 1ère A · Un texte original par genre (poésie, roman, théâtre, argumentatif)
Méthode : Introduction (situation du texte, idée générale, annonce du plan) — Développement (analyse par axes) — Conclusion (bilan, intérêt du texte, ouverture)
Un poème sur la quête d'identité entre héritage et modernité
Racines et antennes
Je porte un nom que le vent n'a pas effacé,
Un nom cousu dans la bouche de ma grand-mère,
Un nom plus vieux que les routes goudronnées.
Mes pieds connaissent le sol du village,
Mes mains apprennent le clavier des villes,
Et je marche, funambule, entre deux mémoires.
Là-bas, les tam-tams parlent encore aux ancêtres,
Ici, les néons parlent aux ordinateurs ;
Là-bas, la terre rouge garde nos morts,
Ici, le béton garde nos rêves pressés.
Qui suis-je, moi, fils du fleuve et de l'antenne,
Petit-fils du masque et de l'écran qui brille ?
Je cherche ma racine sous l'asphalte de la ville,
Je cherche mon visage dans les yeux de mon aïeul.
Mémoire, mémoire, ne me laisse pas partir,
Mémoire, mémoire, apprends-moi à revenir,
Car on ne bâtit rien sur une terre oubliée,
Et je veux être arbre, non feuille arrachée.
— Texte proposé, poème en vers libres
Consigne : Faites le commentaire composé de ce texte.
Un récit à la première personne marqué par la distance et l'indifférence
On a enterré ma tante un mardi. Il faisait chaud. Le curé a parlé longtemps, je crois, mais je n'ai pas vraiment écouté. J'ai compté les corbeaux sur le mur du cimetière ; il y en avait sept. Ma cousine pleurait fort, trop fort peut-être. Moi, je regardais mes chaussures, couvertes de poussière rouge. Le cercueil est descendu sans bruit particulier. Quelqu'un a dit qu'elle avait été une femme bonne. Je ne sais pas si c'était vrai. Après, on nous a servi du thé sous un manguier, et les gens parlaient déjà d'autre chose, du prix de l'essence, d'un match de football. Je suis resté assis, sans rien dire. Ma mère m'a demandé si j'allais bien. J'ai répondu oui. Elle n'a pas insisté. Le soir, j'ai mangé normalement. Le lendemain, je suis retourné au travail comme si de rien n'était. Personne n'a semblé trouver cela étrange, sauf peut-être moi, un peu.
— Texte proposé, extrait de roman
Consigne : Faites le commentaire composé de ce texte.
Le dilemme tragique : devoir d'État et lien du sang
LE TRÔNE ET LE SANG
Scène unique — Le palais, la nuit précédant le jugement.
MFOA, jeune souverain. — Ngakosi, le conseil exige ta tête avant que l'aube ne blanchisse les collines. J'ai juré, devant les ancêtres et devant le peuple assemblé, de faire régner la loi sur le sang. Comment porter la couronne si ma première loi trahit mon premier serment ?
NGAKOSI, son frère aîné, enchaîné. — Alors frappe, petit frère, puisque tu portes déjà la couronne dans ton cœur plus que notre mère ne t'a porté dans ses flancs. Mais sache que ce sang que tu verseras, c'est le tien que tu répands.
MFOA. — Tais-toi.
NGAKOSI. — Je me tairai quand tu m'auras tranché la gorge.
MFOA. — Tu as levé une armée contre ton roi.
NGAKOSI. — J'ai levé une armée contre l'injustice que tu sers.
MFOA. — Le peuple m'a choisi.
NGAKOSI. — Le peuple t'a craint.
MFOA. — Que veux-tu que je fasse ?
NGAKOSI. — Choisis : le frère ou le trône. Nul ne garde les deux mains pleines.
MFOA, après un long silence. — Que les dieux me pardonnent, car je choisis le trône — et je me perds moi-même.
— Texte proposé, scène de tragédie
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La littérature comme levier de conscience civique en Afrique
La littérature n'est pas un luxe que les peuples pauvres pourraient s'épargner ; elle est, au contraire, l'un des instruments les plus sûrs de leur émancipation. En Afrique particulièrement, où l'oralité a longtemps porté la mémoire collective, l'écriture prend le relais pour dénoncer les injustices, réveiller les consciences endormies et proposer d'autres chemins possibles. Certes, on objectera que la littérature ne nourrit personne et que les urgences économiques priment sur les préoccupations esthétiques. Pourtant, comment construire des sociétés durables sans d'abord transformer les mentalités ? Le roman qui dénonce la corruption, la pièce qui met en scène l'exil forcé, le poème qui chante la dignité retrouvée : tous participent, à leur échelle, à l'éveil citoyen. Ainsi, loin d'être un ornement réservé à une élite, la littérature africaine doit être reconnue comme un véritable levier de transformation sociale, capable d'éduquer, de mobiliser et de rassembler les peuples autour d'un projet commun d'avenir.
— Texte proposé, essai argumentatif
Consigne : Faites le commentaire composé de ce texte.