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Le 28 juillet 1914, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. En un peu plus d'un mois, presque toutes les grandes puissances européennes se retrouvent engagées dans un conflit qui durera plus de quatre ans et fera près de dix millions de morts. Cette entrée en guerre généralisée ne s'explique pas par le seul attentat de Sarajevo : elle est le résultat de tensions politiques, économiques et nationales accumulées en Europe depuis plusieurs décennies. Il convient donc de distinguer, comme le fait tout historien, les causes lointaines, profondes et structurelles, de la cause immédiate, l'événement déclencheur qui met le feu aux poudres.

I. Les causes lointaines : une Europe minée par les tensions

Depuis le dernier tiers du XIXe siècle, l'Europe est traversée par quatre grandes lignes de fracture qui rendent, à terme, un conflit majeur presque inévitable.

A. La rivalité politique franco-allemande héritée de 1871

En 1871, à l'issue de la guerre franco-prussienne, la France vaincue signe le traité de Francfort : elle doit céder à l'Empire allemand naissant les provinces d'Alsace et de Lorraine et verser une lourde indemnité de guerre. Cette humiliation nourrit durablement, dans l'opinion et chez une partie de la classe politique française, un désir de revanche et la volonté de récupérer les « provinces perdues ». L'Allemagne, de son côté, cherche par tous les moyens diplomatiques à isoler la France pour l'empêcher de préparer cette revanche. Cette rivalité franco-allemande constitue le premier grand foyer de tension du continent.

Définition

Revanchisme : sentiment nourri par une nation vaincue, qui aspire à reprendre par les armes les territoires perdus lors d'un précédent conflit. En France, après 1871, le revanchisme vise la reconquête de l'Alsace-Lorraine.

B. Les rivalités économiques et coloniales

À la rivalité politique s'ajoute une rivalité économique intense. À la veille de 1914, l'Allemagne est devenue la première puissance industrielle du continent, dépassant la France et rivalisant avec le Royaume-Uni sur les marchés mondiaux, notamment dans la sidérurgie, la chimie et le commerce naval. Cette concurrence industrielle et commerciale exacerbe les tensions entre puissances. Elle se double d'une rivalité pour la possession d'empires coloniaux : la France et l'Allemagne s'affrontent diplomatiquement à plusieurs reprises pour le contrôle du Maroc (crises de 1905 et de 1911), tandis que l'Allemagne, arrivée tardivement dans la course coloniale, réclame sa « place au soleil » face aux empires français et britannique déjà constitués.

Exemple

Lors du « coup d'Agadir » de 1911, l'Allemagne envoie une canonnière sur la côte marocaine pour contester l'installation du protectorat français au Maroc. La crise est réglée diplomatiquement, mais elle exacerbe la défiance mutuelle entre Paris et Berlin.

C. Le problème des nationalités dans les Balkans : la « poudrière de l'Europe »

Dans le sud-est de l'Europe, le recul de l'Empire ottoman, longtemps qualifié d'« homme malade de l'Europe », laisse place à la montée des nationalismes des peuples slaves des Balkans, en particulier le nationalisme serbe. La Serbie rêve de rassembler autour d'elle tous les Slaves du Sud, y compris ceux qui vivent sous l'autorité de l'Empire austro-hongrois, notamment en Bosnie-Herzégovine, annexée par Vienne en 1908. Cette annexion humilie la Serbie et son protecteur, la Russie, qui se pose en défenseur des peuples slaves et orthodoxes (panslavisme). Les deux guerres balkaniques de 1912 et 1913 renforcent encore l'instabilité de la région et l'appétit territorial de la Serbie, tout en aiguisant l'hostilité entre Vienne et Belgrade.

Définition

Poudrière balkanique : expression désignant la région des Balkans à la veille de 1914, où l'effondrement de la domination ottomane, la multiplicité des nationalités et l'affrontement des ambitions austro-hongroise, serbe et russe rendent la région extrêmement instable et propice au déclenchement d'un conflit majeur.

D. Le système des alliances : une Europe coupée en deux blocs armés

Pour se prémunir mutuellement, les grandes puissances européennes se regroupent, entre 1882 et 1907, en deux systèmes d'alliances rivaux. Ce jeu d'alliances, censé garantir la paix par l'équilibre des forces, a pour effet pervers de transformer tout conflit local en conflit général, puisque chaque puissance est tenue de soutenir militairement ses alliés.

BlocMembresAnnée de constitution
Triple Alliance (Triplice)Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie1882
Triple EntenteFrance, Royaume-Uni, Russie1907 (achevée)

À ces alliances s'ajoutent des accords particuliers, comme celui qui lie l'Autriche-Hongrie à la défense de son intégrité face aux revendications serbes, ou l'engagement de la Russie à soutenir la Serbie, considérée comme une nation slave « sœur ».

II. La cause immédiate : l'assassinat de Sarajevo et l'engrenage de l'été 1914

A. L'attentat du 28 juin 1914

Le 28 juin 1914, à Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine récemment annexée par l'Autriche-Hongrie, l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône austro-hongrois, et son épouse sont assassinés par Gavrilo Princip, un étudiant nationaliste serbe membre d'un groupe favorable au rattachement de la Bosnie à la Serbie. Cet attentat, isolé en apparence, fournit à l'Autriche-Hongrie le prétexte qu'elle cherchait pour régler définitivement la question serbe, qu'elle juge responsable de propager le nationalisme slave sur son territoire.

Exemple

Le 23 juillet 1914, l'Autriche-Hongrie adresse à la Serbie un ultimatum aux conditions si sévères qu'il vise, de l'aveu même des dirigeants autrichiens, à être rejeté afin de justifier une intervention militaire.

B. De la crise diplomatique à la guerre générale : l'engrenage des alliances

La réponse serbe à l'ultimatum, bien que largement conciliante, ne satisfait pas l'Autriche-Hongrie, qui lui déclare la guerre le 28 juillet 1914. Dès lors, le système des alliances joue à plein et transforme, en l'espace de quelques jours, un conflit austro-serbe localisé en une guerre européenne généralisée :

  • 28 juillet 1914 — L'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie.
  • 30 juillet 1914 — La Russie, protectrice des Slaves, décrète la mobilisation générale de son armée pour soutenir la Serbie.
  • 1er août 1914 — L'Allemagne, alliée de l'Autriche-Hongrie, déclare la guerre à la Russie.
  • 3 août 1914 — L'Allemagne déclare la guerre à la France, alliée de la Russie, et fait envahir la Belgique neutre pour l'atteindre plus rapidement.
  • 4 août 1914 — Le Royaume-Uni, garant de la neutralité belge et allié de la France, déclare à son tour la guerre à l'Allemagne.

En moins d'une semaine, la quasi-totalité des grandes puissances européennes se retrouve ainsi engagée dans le conflit, chacune entraînée par le jeu mécanique des alliances signées dans les décennies précédentes.

C. Tableau récapitulatif : causes lointaines et cause immédiate

Type de causeFacteurManifestation
Causes lointainesRivalité politiqueRevanche française après la perte de l'Alsace-Lorraine (1871)
Rivalité économique et colonialeConcurrence industrielle et crises coloniales franco-allemandes (Maroc, 1905-1911)
Problème des nationalitésNationalisme serbe et panslavisme russe face à l'Autriche-Hongrie dans les Balkans
Système des alliancesEurope divisée entre Triple Alliance et Triple Entente
Cause immédiateAttentat de SarajevoAssassinat de François-Ferdinand le 28 juin 1914, suivi de l'engrenage diplomatique de l'été 1914

🎯 L'essentiel à retenir

  • Depuis 1871, la France nourrit un esprit de revanche envers l'Allemagne après la perte de l'Alsace-Lorraine.
  • La concurrence industrielle et coloniale, notamment franco-allemande, aggrave les tensions entre puissances.
  • Les Balkans, « poudrière de l'Europe », concentrent les nationalismes slaves opposés à l'Autriche-Hongrie et à l'Empire ottoman déclinant.
  • Deux blocs d'alliances rivaux divisent l'Europe : la Triple Alliance (Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie) et la Triple Entente (France, Royaume-Uni, Russie).
  • L'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo le 28 juin 1914 constitue la cause immédiate du conflit.
  • Le jeu automatique des alliances transforme, entre le 28 juillet et le 4 août 1914, une crise austro-serbe locale en guerre européenne généralisée.
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Distinguer causes lointaines et cause immédiate

Facile

Voici une liste de faits historiques liés au déclenchement de la Première Guerre mondiale : la perte de l'Alsace-Lorraine en 1871 ; l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand ; la constitution de la Triple Alliance en 1882 ; les crises marocaines de 1905 et 1911 ; l'annexion de la Bosnie-Herzégovine en 1908 ; la déclaration de guerre de l'Autriche-Hongrie à la Serbie le 28 juillet 1914.

  1. Classez ces six faits dans un tableau à deux colonnes : « causes lointaines » et « cause immédiate ».
  2. Expliquez en une phrase la différence entre ces deux catégories de causes.
Correction
  1. Causes lointaines : la perte de l'Alsace-Lorraine en 1871 (rivalité franco-allemande) ; la constitution de la Triple Alliance en 1882 (système des alliances) ; les crises marocaines de 1905 et 1911 (rivalités coloniales) ; l'annexion de la Bosnie-Herzégovine en 1908 (problème des nationalités balkaniques).
    Cause immédiate : l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand (28 juin 1914) et la déclaration de guerre de l'Autriche-Hongrie à la Serbie (28 juillet 1914), qui déclenchent directement le conflit.
  2. Les causes lointaines sont des tensions structurelles installées depuis plusieurs décennies qui rendent un conflit probable à terme, tandis que la cause immédiate est l'événement précis qui, à un moment donné, transforme cette probabilité en guerre effective.
2

Analyser le système des alliances

Moyen

En 1914, l'Europe est divisée en deux blocs d'alliances rivaux.

  1. Citez les trois pays membres de la Triple Alliance et les trois pays membres de la Triple Entente.
  2. Expliquez pourquoi ce système d'alliances, conçu à l'origine pour maintenir la paix par l'équilibre des forces, a au contraire favorisé l'extension du conflit en 1914.
  3. Montrez, à partir d'un exemple précis tiré du cours, comment un pays a été entraîné dans la guerre par ses engagements d'alliance alors qu'il n'était pas directement concerné par le conflit initial.
Correction
  1. Triple Alliance : Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie. Triple Entente : France, Royaume-Uni, Russie.
  2. Ce système repose sur un principe d'assistance mutuelle automatique : dès qu'un membre d'un bloc entre en guerre, ses alliés se sentent tenus de le soutenir militairement. Ainsi, un conflit local entre deux pays seulement (Autriche-Hongrie et Serbie) déclenche mécaniquement l'entrée en guerre de leurs alliés respectifs, sans que ceux-ci n'aient nécessairement d'intérêt direct dans le différend initial.
  3. La France, par exemple, n'a aucun contentieux direct avec la Serbie ni avec l'Autriche-Hongrie en juillet 1914. Pourtant, liée à la Russie par les accords de la Triple Entente, elle se retrouve entraînée dans la guerre dès le 3 août 1914, lorsque l'Allemagne lui déclare la guerre pour prévenir toute intervention française aux côtés de son alliée russe.
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Étudier la crise balkanique

Moyen

« La Bosnie-Herzégovine, peuplée en grande partie de Slaves, est annexée par l'Autriche-Hongrie en 1908, provoquant la colère de la Serbie et de son protecteur, la Russie. Les deux guerres balkaniques de 1912 et 1913 affaiblissent encore davantage l'Empire ottoman et renforcent l'ambition territoriale de la Serbie, qui aspire à unir tous les Slaves du Sud. » (D'après un manuel d'histoire.)

  1. Pourquoi peut-on qualifier les Balkans de « poudrière de l'Europe » à la veille de 1914 ?
  2. Quel rôle joue l'Empire ottoman affaibli dans l'instabilité de la région ?
  3. Pourquoi l'annexion de la Bosnie-Herzégovine par l'Autriche-Hongrie exaspère-t-elle particulièrement la Serbie et la Russie ?
Correction
  1. Les Balkans sont qualifiés de « poudrière de l'Europe » parce que s'y concentrent, en un espace réduit, de multiples nationalités aux ambitions contradictoires (Serbes, Croates, Bosniaques, Bulgares, Grecs, Albanais...), l'effondrement progressif de l'autorité ottomane et l'affrontement des intérêts austro-hongrois et russes : la moindre étincelle locale risque d'entraîner les grandes puissances qui protègent chacune un camp.
  2. Longtemps qualifié d'« homme malade de l'Europe », l'Empire ottoman recule militairement et territorialement dans les Balkans tout au long du XIXe et au début du XXe siècle. Ce recul crée un vide de puissance que les nationalités balkaniques, en particulier la Serbie, cherchent à combler à leur profit, ce qui multiplie les foyers de tension.
  3. La Serbie considère la Bosnie-Herzégovine, peuplée de nombreux Slaves du Sud, comme faisant naturellement partie de son espace national. L'annexion de 1908 par l'Autriche-Hongrie est donc vécue comme une provocation directe. La Russie, qui se présente comme la protectrice des peuples slaves et orthodoxes (panslavisme), soutient le ressentiment serbe et se sent elle aussi humiliée par cette annexion, qu'elle n'a pu empêcher.
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Reconstituer l'engrenage de juillet-août 1914

Difficile

Voici, dans le désordre, cinq événements de l'été 1914 : (a) L'Allemagne déclare la guerre à la France. (b) L'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. (c) Le Royaume-Uni déclare la guerre à l'Allemagne. (d) La Russie décrète la mobilisation générale de son armée. (e) L'Allemagne déclare la guerre à la Russie.

  1. Remettez ces cinq événements dans l'ordre chronologique exact, en indiquant leur date.
  2. Pour chacun des passages d'un événement au suivant, précisez le mécanisme (alliance, protection, engagement diplomatique) qui explique l'enchaînement.
  3. En une phrase, expliquez pourquoi cet enchaînement rapide illustre bien la notion d'« engrenage ».
Correction
  1. Ordre chronologique : (b) 28 juillet 1914 — L'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie ; (d) 30 juillet 1914 — La Russie décrète la mobilisation générale ; (e) 1er août 1914 — L'Allemagne déclare la guerre à la Russie ; (a) 3 août 1914 — L'Allemagne déclare la guerre à la France ; (c) 4 août 1914 — Le Royaume-Uni déclare la guerre à l'Allemagne.
  2. De (b) à (d) : la Russie, protectrice traditionnelle des Slaves et alliée de la Serbie, mobilise pour la soutenir face à l'Autriche-Hongrie. De (d) à (e) : l'Allemagne, alliée de l'Autriche-Hongrie, considère la mobilisation russe comme une menace directe et lui déclare la guerre. De (e) à (a) : l'Allemagne, redoutant une guerre sur deux fronts, attaque préventivement la France, alliée de la Russie au sein de la Triple Entente. De (a) à (c) : en envahissant la Belgique neutre pour atteindre plus vite la France, l'Allemagne pousse le Royaume-Uni, garant de la neutralité belge et allié de la France, à entrer en guerre à son tour.
  3. Cet enchaînement illustre la notion d'« engrenage » car chaque déclaration de guerre en entraîne mécaniquement une autre par le jeu des alliances, sans que les dirigeants ne parviennent, ni ne cherchent véritablement, à arrêter le processus : en une semaine à peine, un conflit austro-serbe localisé devient une guerre à l'échelle de tout le continent européen.
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Problème de synthèse

Niveau Bac

Sujet : « Montrez que la Première Guerre mondiale résulte à la fois de tensions anciennes et d'un engrenage diplomatique rapide en 1914. »

Vous répondrez à cette question sous la forme d'un développement structuré et argumenté, en vous appuyant sur les connaissances du cours.

Corrigé rédigé

Introduction. Le 4 août 1914, moins d'une semaine après la première déclaration de guerre entre l'Autriche-Hongrie et la Serbie, la quasi-totalité des grandes puissances européennes se retrouve engagée dans un conflit généralisé. Cette rapidité peut donner l'illusion d'une guerre décidée à la hâte, à partir d'un simple attentat. En réalité, la Première Guerre mondiale résulte de la conjonction de deux logiques distinctes mais complémentaires : des tensions anciennes, accumulées depuis plusieurs décennies, et un engrenage diplomatique extrêmement rapide au cours de l'été 1914.

I. Des tensions anciennes qui rendent l'Europe instable dès avant 1914. Depuis 1871, la France nourrit un profond ressentiment envers l'Allemagne après la défaite et la perte de l'Alsace-Lorraine, alimentant un esprit de revanche. Cette rivalité politique se double d'une rivalité économique et coloniale : l'essor industriel de l'Allemagne inquiète ses voisins, tandis que les crises marocaines de 1905 et 1911 opposent directement Paris et Berlin pour le contrôle des empires coloniaux. Par ailleurs, dans les Balkans, le recul de l'Empire ottoman laisse le champ libre aux nationalismes slaves, en particulier serbe, qui s'opposent à l'Autriche-Hongrie, notamment après l'annexion de la Bosnie-Herzégovine en 1908. Enfin, l'Europe s'est divisée, entre 1882 et 1907, en deux blocs d'alliances rivaux, la Triple Alliance et la Triple Entente, qui structurent durablement les rapports de force du continent. Ces quatre facteurs créent un climat de méfiance généralisée qui rend un conflit majeur probable à terme.

II. Un engrenage diplomatique rapide qui transforme une crise locale en guerre générale. L'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo, le 28 juin 1914, par un nationaliste serbe, fournit à l'Autriche-Hongrie le prétexte pour s'en prendre à la Serbie, qu'elle rend responsable de la propagation du nationalisme slave. Après un ultimatum délibérément inacceptable, elle lui déclare la guerre le 28 juillet 1914. Dès lors, le système des alliances joue à plein : la Russie mobilise pour soutenir la Serbie slave (30 juillet), l'Allemagne déclare la guerre à la Russie (1er août) puis à la France (3 août) en envahissant la Belgique neutre, ce qui provoque enfin l'entrée en guerre du Royaume-Uni (4 août). En une semaine, un différend austro-serbe local devient ainsi une guerre européenne généralisée, chaque puissance étant entraînée par ses engagements d'alliance plus que par un choix délibéré.

Conclusion. La Première Guerre mondiale ne s'explique donc ni par les seules tensions anciennes, qui n'auraient pas suffi sans un événement déclencheur, ni par le seul attentat de Sarajevo, qui n'aurait pas provoqué une guerre généralisée sans le système des alliances préexistant. C'est bien la rencontre de causes lointaines profondément enracinées et d'un engrenage diplomatique très rapide qui précipite l'Europe, à l'été 1914, dans le premier conflit mondial de l'histoire.

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Quel territoire la France perd-elle au profit de l'Allemagne après sa défaite de 1871 ?
Question 2/10
Comment appelle-t-on le désir français de reconquérir l'Alsace-Lorraine après 1871 ?
Question 3/10
Quelles sont les deux puissances qui se disputent le plus la suprématie industrielle et coloniale en Europe avant 1914 ?
Question 4/10
Pourquoi la région des Balkans est-elle surnommée « la poudrière de l'Europe » ?
Question 5/10
Quels pays composent la Triple Alliance (Triplice) ?
Question 6/10
Quels pays composent la Triple Entente ?
Question 7/10
Qui est assassiné à Sarajevo le 28 juin 1914 ?
Question 8/10
Quelle est la nationalité de l'auteur de l'attentat de Sarajevo ?
Question 9/10
Après l'attentat de Sarajevo, à quel pays l'Autriche-Hongrie déclare-t-elle la guerre en premier, le 28 juillet 1914 ?
Question 10/10
Par quel mécanisme la crise localisée des Balkans se transforme-t-elle en guerre générale à l'été 1914 ?
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