PrécédentCh. 06 — Constituants fondamentaux de la matière viva… 📚 Tous les chapitres SuivantCh. 08 — Respiration, sang et excrétion

1. Les formes de nutrition chez les êtres vivants

Définition

La nutrition regroupe l'ensemble des phénomènes qui permettent à un être vivant de se procurer la matière et l'énergie dont il a besoin pour fonctionner, croître et se reproduire. Selon l'origine de la matière organique utilisée, les êtres vivants se répartissent en deux grands groupes : les autotrophes et les hétérotrophes.

1.1. L'autotrophie chez les végétaux chlorophylliens

Caractéristique

Les végétaux chlorophylliens sont dits autotrophes : ils fabriquent eux-mêmes toute leur matière organique (glucides, protides, lipides) à partir de matière strictement minérale — dioxyde de carbone (CO2) de l'air, eau et sels minéraux du sol — grâce à l'énergie lumineuse captée par la chlorophylle. Ce processus, la photosynthèse, se déroule dans les chloroplastes. L'autotrophie ne suppose donc aucun prélèvement de matière organique déjà élaborée par un autre être vivant.

1.2. L'hétérotrophie chez les animaux

Définition

Dépourvus de chlorophylle, les animaux sont incapables de fabriquer leur matière organique à partir d'éléments minéraux. Ils sont dits hétérotrophes : ils doivent obligatoirement prélever, dans leur environnement, de la matière organique déjà élaborée par d'autres organismes (végétaux ou animaux) pour satisfaire leurs besoins en matière et en énergie.

1.3. Deux cas particuliers d'hétérotrophie

Le parasitisme

Un organisme parasite vit aux dépens d'un autre organisme, appelé hôte, chez qui (ou sur qui) il prélève sa nourriture, lui causant un préjudice plus ou moins important (affaiblissement, maladie). Exemples : le ténia, ver plat vivant dans l'intestin grêle de l'Homme et absorbant directement les nutriments déjà digérés par son hôte ; certains champignons parasites des cultures vivrières (mildiou du manioc).

Le saprophytisme

Un organisme saprophyte (nombreux champignons et bactéries) se nourrit de matière organique morte ou en décomposition (feuilles mortes, cadavres, déchets organiques), qu'il dégrade grâce à des enzymes libérées dans le milieu. Les saprophytes jouent un rôle essentiel de recycleurs de la matière organique dans les écosystèmes.

2. Les aliments

Définition

Un aliment est toute substance consommée par un être vivant pour couvrir ses besoins nutritifs. On distingue les aliments simples et les aliments composés selon leur composition en nutriments.

2.1. Aliments simples et aliments composés

Distinction

Un aliment simple est constitué d'une seule catégorie de nutriment : c'est le cas du sucre (glucide pur) ou de l'huile (lipide pur). Un aliment composé associe plusieurs catégories de nutriments (glucides, protides, lipides, eau, sels minéraux, vitamines) en proportions variables : c'est le cas du pain, du lait ou du manioc.

2.2. Analyse expérimentale de quelques aliments composés

Tests de mise en évidence

Des réactifs colorés permettent de révéler qualitativement les constituants d'un aliment : l'eau iodée (Lugol) vire au bleu-noir en présence d'amidon ; la liqueur de Fehling, portée à ébullition, forme un précipité rouge brique en présence de sucres réducteurs ; le réactif du biuret (soude + sulfate de cuivre) vire au violet en présence de protides ; une tache translucide et persistante laissée sur du papier révèle la présence de lipides.

AlimentGlucidesProtidesLipidesEau
PainAmidon abondantPrésents (gluten)Faible quantitéModérée
LaitLactoseCaséine et protéines solublesMatières grasses (crème)Très abondante (≈ 87 %)
ManiocAmidon très abondantFaible teneurTrès faibleAbondante

Cette analyse confirme que le pain, le lait et le manioc sont des aliments composés, chacun présentant une dominante caractéristique (amidon pour le pain et le manioc, eau et protéines pour le lait).

3. La digestion

Définition

La digestion est l'ensemble des transformations mécaniques et chimiques que subissent les aliments composés le long du tube digestif, permettant de les réduire en nutriments simples, solubles et directement absorbables par l'organisme.

3.1. Organisation de l'appareil digestif et de ses glandes annexes

Trajet des aliments (schéma annoté à légender)

Le tube digestif forme un long conduit continu que l'on décrit, dans l'ordre de progression des aliments : 1. bouche (dents, langue) → 2. pharynx3. œsophage4. estomac5. intestin grêle6. gros intestin (côlon) → anus. Des glandes annexes y déversent leurs sécrétions sans faire partie du tube lui-même : les glandes salivaires (bouche), le foie (bile déversée dans le duodénum) et le pancréas (suc pancréatique déversé lui aussi dans le duodénum).

3.2. Les phénomènes mécaniques de la digestion

De la bouche à l'anus

Dans la bouche, la mastication fragmente les aliments grâce aux dents pendant que la langue les malaxe et les imprègne de salive, formant le bol alimentaire. La déglutition propulse ensuite ce bol vers l'œsophage puis l'estomac. Dans l'estomac, le brassage gastrique mélange le bol alimentaire au suc gastrique et le transforme en une bouillie semi-liquide, le chyme. Dans l'intestin grêle, le brassage intestinal et des mouvements de progression (péristaltisme) assurent le mélange du chyme aux sucs digestifs et son avancée régulière vers le gros intestin. Le résultat de ces phénomènes mécaniques est double : fragmentation des aliments (augmentant la surface de contact avec les enzymes) et progression continue le long du tube digestif.

3.3. Les phénomènes chimiques de la digestion

Les expériences historiques de Réaumur et Spallanzani

Au XVIIIe siècle, Réaumur a fait avaler à des rapaces de petits tubes métalliques perforés contenant de la viande, protégée ainsi de toute action mécanique de broyage. Après récupération des tubes, la viande était partiellement digérée : preuve d'une action chimique du suc gastrique. Spallanzani a complété ces travaux en faisant avaler à des animaux des éponges qu'il retirait ensuite pour en extraire, par pression, le suc gastrique dont elles s'étaient imbibées ; en mettant ce suc en contact avec de la viande hors de l'organisme, il a constaté que la viande se digérait tout de même. Ces expériences démontrent que la digestion résulte d'une action chimique des sucs digestifs, indépendante de toute action mécanique.

Le rôle des enzymes digestives

La digestion chimique est assurée par des enzymes présentes dans les différents sucs digestifs (salive, suc gastrique, suc pancréatique, suc intestinal) : l'amylase (salivaire puis pancréatique) hydrolyse l'amidon en maltose puis en glucose ; les protéases (pepsine gastrique, trypsine pancréatique) hydrolysent les protides en acides aminés ; la lipase pancréatique hydrolyse les lipides, préalablement émulsionnés par la bile, en acides gras et glycérol. Au niveau du gros intestin (côlon), une flore microbienne assure une digestion microbienne complémentaire de certains résidus non digérés par les enzymes de l'organisme (notamment certaines fibres).

Propriétés des enzymes digestives (biocatalyseurs)

Les enzymes digestives sont des biocatalyseurs : elles accélèrent une réaction chimique (hydrolyse) sans être consommées ni modifiées, ce qui leur permet d'agir plusieurs fois de suite. Chacune présente une spécificité d'action : elle n'agit que sur un substrat déterminé (l'amylase uniquement sur l'amidon, la lipase uniquement sur les lipides, etc.). Leur activité dépend de facteurs physico-chimiques : chaque enzyme possède une température optimale (voisine de 37 °C chez l'Homme, l'activité chutant fortement au-delà de 45-50 °C par dénaturation) et un pH optimal propre (la pepsine gastrique agit en milieu très acide, vers pH 2, tandis que les enzymes pancréatiques et intestinales agissent en milieu neutre à légèrement basique).

3.4. L'absorption intestinale

Rôle des villosités intestinales

La paroi interne de l'intestin grêle est tapissée de très nombreuses villosités intestinales, fines protubérances qui augmentent considérablement la surface d'échange entre la lumière intestinale et le sang, ce qui favorise une absorption efficace des nutriments. Chaque villosité renferme un réseau de capillaires sanguins et un vaisseau lymphatique (chylifère central).

Deux voies de circulation des nutriments absorbés

Les nutriments hydrosolubles issus de la digestion — glucose et acides aminés — passent directement dans les capillaires sanguins des villosités : c'est la voie sanguine. Les acides gras et le glycérol, produits de la digestion des lipides, sont en revanche repris majoritairement par les vaisseaux lymphatiques des villosités : c'est la voie lymphatique, qui rejoint ensuite la circulation sanguine générale au niveau du cou.

3.5. L'assimilation

Définition

L'assimilation regroupe l'ensemble des utilisations métaboliques des nutriments absorbés par les cellules de l'organisme : biosynthèse de nouvelles molécules organiques propres à l'organisme (anabolisme), renouvellement des constituants cellulaires, et mise en réserve de l'excédent — sous forme de glycogène dans le foie et les muscles, ou de graisses dans le tissu adipeux — mobilisable ultérieurement en cas de besoin.

3.6. Récapitulatif des principales enzymes digestives

EnzymeOrigine / lieu d'actionSubstratProduit(s)
Amylase salivaireSalive, boucheAmidonMaltose
Amylase pancréatiqueSuc pancréatique, intestin grêleAmidonMaltose puis glucose
Pepsine (protéase)Suc gastrique, estomacProtidesPeptides
Trypsine (protéase)Suc pancréatique, intestin grêlePeptides / protidesAcides aminés
Lipase pancréatiqueSuc pancréatique, intestin grêleLipides (émulsionnés par la bile)Acides gras + glycérol

4. Les besoins nutritionnels et énergétiques de l'Homme

4.1. Les différents types de besoins alimentaires

Rôle de chaque catégorie de nutriments

Les protides assurent la construction et le renouvellement des tissus (rôle plastique) ; les glucides et les lipides constituent les principales sources d'énergie (rôle énergétique), les lipides servant aussi de réserve et entrant dans la structure des membranes cellulaires ; les vitamines, en très petites quantités, sont indispensables au bon fonctionnement de nombreuses réactions métaboliques ; l'eau et les sels minéraux participent à l'équilibre hydrique, à la structure osseuse et au fonctionnement cellulaire général.

4.2. Besoins quantitatifs et qualitatifs

Deux exigences complémentaires

Une alimentation équilibrée doit répondre à un besoin quantitatif (apporter une quantité suffisante d'énergie et de nutriments pour couvrir les dépenses de l'organisme) et à un besoin qualitatif (apporter une diversité suffisante de nutriments : protides, glucides, lipides, vitamines, sels minéraux, dans des proportions équilibrées). Une ration abondante mais peu diversifiée peut rester déséquilibrée et provoquer des carences.

4.3. Les dépenses énergétiques de l'Homme

Métabolisme de base et métabolisme de travail

Le métabolisme de base correspond à l'énergie minimale indispensable au fonctionnement de l'organisme au repos complet (respiration, circulation, maintien de la température corporelle) ; il peut être mesuré par calorimétrie directe ou indirecte. Le métabolisme de travail correspond à l'énergie supplémentaire dépensée lors d'une activité physique ou intellectuelle, variable selon l'intensité et la durée de l'effort. La dépense énergétique totale journalière d'un individu est la somme de ces deux composantes.

4.4. Les rations alimentaires adaptées

Des besoins qui varient selon la situation physiologique

Les besoins nutritionnels diffèrent selon les individus : la ration de croissance (enfant, adolescent) doit être renforcée en protides pour soutenir la construction des tissus ; la ration d'entretien (adulte sédentaire) couvre simplement le métabolisme de base et une activité modérée ; la ration de grossesse (et d'allaitement) doit être enrichie (protides, fer, calcium, vitamines) pour couvrir les besoins de la mère et du fœtus ou du nourrisson ; la ration de travail intense (effort physique soutenu) doit être fortement augmentée, notamment en glucides et en eau.

4.5. La valeur énergétique des aliments

Valeurs à connaître

La valeur énergétique d'un nutriment s'exprime en kilocalories (kcal) ou en kilojoules (kJ) par gramme. Elle diffère selon la nature du nutriment : les glucides et les protides fournissent chacun environ 4 kcal par gramme, tandis que les lipides, plus riches en énergie, fournissent environ 9 kcal par gramme. Ces valeurs permettent de calculer la valeur énergétique totale d'une ration alimentaire à partir de sa composition.

5. Les maladies par carence alimentaire

5.1. Deux maladies de carence alimentaire

Le marasme

Le marasme résulte d'une carence globale et sévère en énergie et en nutriments (sous-alimentation générale). Il touche particulièrement le jeune enfant et se manifeste par un amaigrissement extrême, une fonte marquée des muscles et du tissu graisseux, sans œdème, donnant un aspect de « petit vieillard ».

Le kwashiorkor

Le kwashiorkor résulte d'une carence sévère et spécifique en protides, alors que l'apport énergétique global (souvent glucidique) peut rester à peu près suffisant. Il se manifeste typiquement par des œdèmes (visage, membres, ventre gonflé), une décoloration et une fragilité des cheveux, des lésions cutanées, une apathie et un retard de croissance, chez de jeunes enfants souvent sevrés brutalement au profit d'une alimentation pauvre en protéines (bouillies de manioc par exemple).

5.2. Solutions pour combattre la malnutrition

La lutte contre la sous-alimentation et la malnutrition passe par le développement de l'agriculture (diversification des cultures vivrières, cultures protéiques comme les légumineuses) et de l'élevage (accès aux protéines animales), ainsi que par l'éducation nutritionnelle des populations (connaissance des besoins alimentaires, diversification des rations, allaitement maternel prolongé, hygiène alimentaire).

5.3. Actions à promouvoir dans le milieu

Engagement citoyen

Chaque communauté peut contribuer à la lutte contre la malnutrition par des actions concrètes : sensibilisation des familles à l'équilibre alimentaire, soutien aux pratiques locales d'agriculture vivrière diversifiée et d'élevage de petit bétail ou de volaille, promotion de l'allaitement maternel, et surveillance de la croissance des jeunes enfants dans les centres de santé.

🧠 À retenir

  • Les végétaux chlorophylliens sont autotrophes (photosynthèse) ; les animaux sont hétérotrophes (parasitisme, saprophytisme) et doivent prélever de la matière organique déjà élaborée.
  • Un aliment simple contient un seul nutriment (sucre, huile) ; un aliment composé en associe plusieurs (pain, lait, manioc).
  • La digestion combine des phénomènes mécaniques (mastication, brassage, progression) et des phénomènes chimiques (hydrolyse enzymatique : amylase, protéases, lipase), démontrés historiquement par Réaumur et Spallanzani.
  • L'absorption se fait au niveau des villosités intestinales : voie sanguine pour le glucose et les acides aminés, voie lymphatique pour les acides gras et le glycérol ; les glucides et protides fournissent 4 kcal/g, les lipides 9 kcal/g.
  • Le marasme (carence globale) et le kwashiorkor (carence en protides, avec œdèmes) sont deux maladies de malnutrition combattues par l'agriculture, l'élevage et l'éducation nutritionnelle.
1

Autotrophie ou hétérotrophie ?

● Facile

On observe quatre organismes : (a) un plant de maïs cultivé en plein champ ; (b) le mildiou, un champignon qui se développe sur les feuilles de manioc et provoque leur dessèchement ; (c) une chèvre qui broute de l'herbe ; (d) un champignon qui se développe sur un tronc d'arbre mort tombé au sol.

  1. Pour chaque organisme, indiquer s'il est autotrophe ou hétérotrophe, en justifiant à partir de son mode de nutrition.
  2. Parmi les organismes hétérotrophes cités, identifier celui qui relève du parasitisme et celui qui relève du saprophytisme. Justifier.
Correction
  1. (a) Le plant de maïs est autotrophe : chlorophyllien, il synthétise sa matière organique à partir de matière minérale (CO2, eau, sels minéraux) grâce à la photosynthèse. (b) Le mildiou est hétérotrophe : dépourvu de chlorophylle, il prélève la matière organique déjà élaborée par le manioc vivant. (c) La chèvre est hétérotrophe : elle prélève la matière organique élaborée par l'herbe qu'elle consomme. (d) Le champignon du tronc mort est hétérotrophe : il prélève la matière organique du bois mort.
  2. Le mildiou (b) relève du parasitisme : il vit aux dépens d'un organisme vivant (le manioc, son hôte) et lui porte préjudice. Le champignon du tronc mort (d) relève du saprophytisme : il se nourrit de matière organique morte en décomposition, sans nuire à un organisme vivant.
2

Légender l'appareil digestif

● Moyen

Un schéma de l'appareil digestif humain présente huit repères numérotés de 1 à 8, correspondant à la description suivante du trajet des aliments et des glandes annexes : le repère 1 est l'orifice par lequel les aliments pénètrent et où se produit la mastication ; le repère 2 est le conduit musculaire qui relie cet orifice à l'organe suivant ; le repère 3 est une poche qui brasse les aliments et les transforme en chyme ; le repère 4 est le plus long segment du tube digestif, où se termine la digestion chimique et où débute l'absorption ; le repère 5 est le segment terminal qui reçoit les résidus non digérés ; le repère 6 est une glande logée sous la langue qui sécrète un suc contenant l'amylase ; le repère 7 est une volumineuse glande qui produit la bile ; le repère 8 est une glande qui déverse un suc riche en plusieurs enzymes dans le duodénum.

  1. Identifier l'organe ou la glande correspondant à chacun des huit repères.
  2. Reclasser ces huit éléments en deux groupes : ceux qui appartiennent au tube digestif proprement dit, et ceux qui sont des glandes annexes.
Correction
  1. 1 = bouche ; 2 = œsophage ; 3 = estomac ; 4 = intestin grêle ; 5 = gros intestin (côlon) ; 6 = glande salivaire ; 7 = foie ; 8 = pancréas.
  2. Tube digestif proprement dit : bouche (1), œsophage (2), estomac (3), intestin grêle (4), gros intestin (5). Glandes annexes : glande salivaire (6), foie (7), pancréas (8).
3

L'expérience de Spallanzani

● Moyen

Spallanzani a fait avaler à des rapaces de petites éponges attachées à un fil. Après un certain temps, il retirait les éponges et en extrayait, par pression, le liquide dont elles s'étaient imbibées dans l'estomac de l'animal. Il plaçait ensuite ce liquide, hors de l'organisme, dans un flacon contenant un morceau de viande, et observait l'évolution de la viande au cours du temps.

  1. Décrire le principe de cette expérience : quelle variable Spallanzani cherche-t-il à isoler ?
  2. Quel résultat pouvait-on attendre si la digestion n'était due qu'à l'action mécanique de l'estomac ? Quel résultat a-t-il réellement observé ?
  3. Quelle conclusion cette expérience permet-elle de tirer sur la nature de la digestion ?
Correction
  1. En mettant la viande en contact avec le suc gastrique hors de l'estomac, donc en l'absence de toute mastication, de brassage ou de contraction musculaire, Spallanzani isole l'action du liquide gastrique seul, indépendamment de toute action mécanique.
  2. Si la digestion résultait uniquement de l'action mécanique de l'estomac, la viande, placée dans un flacon immobile hors de l'organisme, n'aurait dû subir aucune transformation. Or Spallanzani a observé que la viande se digérait progressivement, même hors de l'organisme, au contact du seul liquide gastrique.
  3. Cette expérience démontre que la digestion comporte une action chimique, portée par le suc gastrique lui-même, capable de digérer la viande indépendamment de toute action mécanique de l'estomac.
4

Calcul de la valeur énergétique d'une ration

● Moyen

L'analyse de la ration alimentaire journalière d'un adolescent révèle la composition suivante : 300 g de glucides, 70 g de protides et 80 g de lipides. On rappelle que les glucides et les protides fournissent chacun 4 kcal par gramme, et les lipides 9 kcal par gramme.

  1. Calculer l'énergie apportée séparément par les glucides, par les protides, puis par les lipides de cette ration.
  2. En déduire la valeur énergétique totale de la ration, en kcal.
  3. Sachant que les besoins journaliers recommandés pour un adolescent de cet âge sont d'environ 2400 kcal, cette ration est-elle suffisante sur le plan énergétique ? Cette conclusion garantit-elle à elle seule un bon équilibre alimentaire ? Justifier.
Correction
  1. Glucides : 300 g × 4 kcal/g = 1200 kcal. Protides : 70 g × 4 kcal/g = 280 kcal. Lipides : 80 g × 9 kcal/g = 720 kcal.
  2. Valeur énergétique totale : 1200 + 280 + 720 = 2200 kcal.
  3. Avec 2200 kcal apportées pour un besoin d'environ 2400 kcal, la ration est légèrement insuffisante sur le plan énergétique (déficit d'environ 200 kcal). Toutefois, un apport énergétique suffisant ne suffit pas à garantir l'équilibre alimentaire : il faut aussi vérifier le besoin qualitatif, c'est-à-dire la diversité et les proportions des nutriments (vitamines, sels minéraux, répartition glucides/protides/lipides), qui ne sont pas évaluées par ce seul calcul énergétique.

Problème de synthèse

● Niveau Bac

Un enfant de 18 mois, récemment sevré, est amené au centre de santé par sa mère. Son alimentation, depuis le sevrage, est presque exclusivement constituée de bouillie de manioc, peu diversifiée. L'examen clinique relève : un visage bouffi et des œdèmes des membres inférieurs, un ventre gonflé, des cheveux décolorés et cassants, des lésions cutanées sur les jambes, une apathie marquée et un retard de croissance. La mère précise que l'enfant, malgré ces gonflements, ne paraît pas particulièrement « maigre » à première vue.

  1. À partir des signes cliniques décrits, s'agit-il d'un cas de marasme ou de kwashiorkor ? Justifier précisément la réponse en s'appuyant sur au moins trois signes cliniques.
  2. Expliquer, à partir de la composition de l'alimentation de l'enfant (bouillie de manioc peu diversifiée), pourquoi ce type de régime peut provoquer cette maladie plutôt que l'autre forme de malnutrition.
  3. Pourquoi les œdèmes peuvent-ils masquer, à l'observation superficielle, la sévérité réelle de la dénutrition de cet enfant ?
  4. Proposer, à l'échelle de la famille puis à l'échelle de la communauté, des solutions concrètes permettant de traiter ce cas et de prévenir son apparition chez d'autres enfants.
Correction du problème de synthèse
  1. Il s'agit d'un cas de kwashiorkor. Trois signes cliniques l'attestent nettement : (1) la présence d'œdèmes (visage bouffi, membres gonflés, ventre gonflé), caractéristique distinctive du kwashiorkor et absente du marasme classique ; (2) les cheveux décolorés et cassants ainsi que les lésions cutanées, signes typiques d'une carence protéique sévère ; (3) l'absence d'amaigrissement apparent (« ne paraît pas maigre »), alors que le marasme se traduit au contraire par un amaigrissement extrême et visible, sans œdème.
  2. La bouillie de manioc est un aliment très riche en amidon (glucide), qui peut couvrir une partie non négligeable des besoins énergétiques, mais elle est extrêmement pauvre en protides. Une alimentation quasi exclusivement à base de manioc après le sevrage (qui prive l'enfant des protéines du lait maternel) crée donc une carence spécifique en protides tout en maintenant un apport calorique global relativement correct : c'est précisément le mécanisme à l'origine du kwashiorkor, par opposition au marasme qui résulte d'une carence globale (énergie et protides à la fois).
  3. Les œdèmes correspondent à une accumulation anormale de liquide dans les tissus, notamment liée à la baisse des protéines sanguines (qui retiennent normalement l'eau dans les vaisseaux). Ce gonflement des tissus peut donner l'illusion trompeuse d'un enfant « potelé » ou en bonne santé apparente, alors que ses réserves protéiques et musculaires réelles sont sévèrement amoindries : la sévérité de la dénutrition est donc masquée par les œdèmes et peut retarder le diagnostic si l'on se fie uniquement à l'aspect général.
  4. À l'échelle de la famille : diversifier immédiatement l'alimentation de l'enfant en réintroduisant des aliments riches en protides (légumineuses comme le niébé ou l'arachide, poisson, œuf, lait si disponible), sous suivi médical, et consulter un centre de santé pour une prise en charge nutritionnelle adaptée. À l'échelle de la communauté : développer l'agriculture vivrière diversifiée (cultures de légumineuses en complément du manioc) et l'élevage de petit bétail ou de volaille pour améliorer l'accès aux protéines ; organiser des campagnes d'éducation nutritionnelle auprès des mères sur l'importance de la diversification alimentaire après le sevrage et la poursuite de l'allaitement maternel ; assurer une surveillance régulière de la croissance des jeunes enfants dans les centres de santé pour un dépistage précoce de la malnutrition.

QCM

10 questions · Correction immédiate

0Score
0/10Répondues
Q1/10

L'autotrophie chez les végétaux chlorophylliens désigne la capacité à :

Q2/10

Un être vivant hétérotrophe est un organisme qui :

Q3/10

Parmi les aliments suivants, lequel est un aliment simple ?

Q4/10

La mastication, phénomène mécanique de la digestion, a pour rôle principal de :

Q5/10

L'expérience de Spallanzani (viande mise en contact avec du suc gastrique hors de l'organisme) a permis de démontrer que :

Q6/10

L'enzyme qui hydrolyse l'amidon est :

Q7/10

Le rôle principal des villosités intestinales est de :

Q8/10

Les acides gras et le glycérol, issus de la digestion des lipides, gagnent la circulation générale principalement par :

Q9/10

Le métabolisme de base correspond à :

Q10/10

Une maladie de carence sévère et spécifique en protides, se manifestant notamment par des œdèmes, est :