Bibliothèque Numérique — by Edutech Congo

2nde A · Histoire · 4 Commentaires de texte historique corrigés
← Histoire 2nde A
★ PRÉPARATION · HISTOIRE · RÉPUBLIQUE DU CONGO · PROGRAMME INRAP

4 Commentaires de Texte Historique Corrigés

Histoire · Seconde (Série A) · Méthode : Présentation du document — Analyse par axes — Portée historique

4 documentsCorrigés rédigés intégralementMéthodologie incluse

📋 Table des matières — 4 documents

1

L'oraison funèbre de Périclès

D'après Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, Ve siècle av. J.-C.

20 pointsDurée : 2h
#Civilisation-grecque#Démocratie-athénienne#Périclès#Thucydide
Document — Discours de Périclès rapporté par Thucydide (extrait adapté)
Prononcé à Athènes en hommage aux premiers soldats morts pendant la guerre du Péloponnèse (431-404 av. J.-C.), ce discours est rapporté par l'historien grec Thucydide dans son Histoire de la guerre du Péloponnèse. Le stratège Périclès y fait l'éloge du régime politique athénien :

« Notre constitution politique n'a rien à envier aux lois qui régissent nos voisins ; loin d'imiter les autres, nous leur donnons plutôt l'exemple. Son nom, parce que l'État y est administré dans l'intérêt du plus grand nombre et non de quelques-uns, est démocratie. Que les particuliers soient en litige, tous, aux termes de la loi, ont droit à l'égale justice. Mais les distinctions ne sont pas non plus abolies : quand un citoyen se signale, il est préféré au service de l'État, en considération de son mérite, et non parce qu'il appartient à telle ou telle classe ; que sa pauvreté soit un obstacle, si toutefois il peut rendre service à la cité, sa condition obscure ne l'écarte point des honneurs. »
ConsignesCommentaire de texte historique
  1. 1. Présentez le document : nature, auteur, date et contexte de production.
  2. 2. Relevez les principes fondamentaux du régime athénien décrits par Périclès.
  3. 3. Expliquez le passage : « l'État y est administré dans l'intérêt du plus grand nombre et non de quelques-uns ».
  4. 4. Quelles limites ce texte laisse-t-il deviner sur la réalité de la démocratie athénienne ?
  5. 5. Quelle est la portée historique de ce discours ?

✓ Corrigé rédigé

Question 1 — Présentation du document

Réponse : Il s'agit d'un discours politique, une oraison funèbre, rapporté et en partie reconstitué par l'historien grec Thucydide dans son œuvre Histoire de la guerre du Péloponnèse. Son auteur, Périclès, est le principal stratège athénien de l'époque. Le discours est prononcé à Athènes vers 431 av. J.-C., au début de la guerre du Péloponnèse qui oppose Athènes à Sparte, en hommage aux premiers soldats athéniens tombés au combat.

Question 2 — Les principes fondamentaux du régime athénien

Réponse : Périclès met en avant l'administration de la cité dans l'intérêt du plus grand nombre, l'égalité de tous devant la justice, et l'accès aux fonctions publiques fondé sur le mérite personnel plutôt que sur l'origine sociale ou la richesse. Il insiste sur le caractère exemplaire du modèle athénien, présenté comme supérieur à celui des autres cités grecques, notamment Sparte.

Question 3 — Explication du passage

Réponse : Cette formule oppose la démocratie, régime où le pouvoir appartient à l'ensemble des citoyens réunis à l'Ecclésia, aux régimes oligarchiques où seule une minorité de privilégiés gouverne dans son propre intérêt. Pour Périclès, la démocratie athénienne se distingue précisément par le fait que les décisions politiques visent le bien commun de la cité tout entière et non les intérêts particuliers d'une élite restreinte.

Question 4 — Les limites de la démocratie athénienne

Réponse : Ce discours idéalisé passe sous silence le fait que la citoyenneté athénienne, seule à donner le droit de participer à l'Ecclésia et d'accéder aux magistratures, est réservée aux hommes libres nés de parents athéniens : les femmes, les esclaves et les métèques (étrangers résidents), qui constituent pourtant la majorité de la population de la cité, sont exclus de cette participation politique. La « démocratie » vantée par Périclès est donc en réalité une démocratie restreinte à une minorité de la population.

Question 5 — Portée historique

Réponse : Ce discours constitue l'un des textes fondateurs de la pensée démocratique occidentale : il formule pour la première fois, avec une grande clarté, les principes d'égalité devant la loi et de gouvernement dans l'intérêt général qui inspireront, bien plus tard, les démocraties modernes. Il illustre aussi l'apogée politique et culturelle d'Athènes au Ve siècle av. J.-C., avant l'affaiblissement de la cité à l'issue de la guerre du Péloponnèse face à Sparte.
2

La Maison de la Sagesse de Bagdad

D'après un texte historique sur les savants de Bagdad, IXe siècle

20 pointsDurée : 2h
#Civilisation-musulmane#Bagdad#IXe-siècle#Transmission-des-savoirs
Document — D'après un texte descriptif sur la Maison de la Sagesse (Bayt al-Hikma) de Bagdad
Fondée à Bagdad au IXe siècle sous le califat abbasside, notamment sous le calife Al-Ma'mun (813-833), la Maison de la Sagesse rassemble savants, traducteurs et bibliothécaires venus de tout le monde musulman et au-delà :

« À Bagdad fut réunie une immense bibliothèque où des savants de toutes origines — arabes, persans, syriaques, venus parfois de Byzance ou de l'Inde — traduisaient en langue arabe les grandes œuvres scientifiques et philosophiques de l'Antiquité grecque : les traités d'Aristote, d'Euclide, de Ptolémée et d'Hippocrate y furent minutieusement traduits, commentés et souvent enrichis de nouvelles découvertes. Les mathématiciens y perfectionnèrent l'algèbre et diffusèrent les chiffres venus d'Inde, tandis que les médecins et les astronomes faisaient progresser leurs disciplines par l'observation et l'expérimentation. »
ConsignesCommentaire de texte historique
  1. 1. Présentez le document : nature, période et contexte historique.
  2. 2. Quel rôle joue la Maison de la Sagesse dans la transmission des savoirs antiques ?
  3. 3. Expliquez le passage : « des savants de toutes origines [...] traduisaient en langue arabe les grandes œuvres scientifiques et philosophiques de l'Antiquité grecque ».
  4. 4. Citez deux apports scientifiques de la civilisation musulmane évoqués ou sous-entendus dans ce texte.
  5. 5. Quelle est la portée historique de la Maison de la Sagesse pour l'humanité ?

✓ Corrigé rédigé

Question 1 — Présentation du document

Réponse : Il s'agit d'un texte descriptif à caractère historique évoquant une institution savante, la Maison de la Sagesse (Bayt al-Hikma), fondée à Bagdad, capitale du califat abbasside, au IXe siècle, en particulier sous le règne du calife Al-Ma'mun entre 813 et 833. Le texte se situe dans le contexte de l'âge d'or de la civilisation musulmane, période de grand rayonnement intellectuel et scientifique du monde arabo-musulman.

Question 2 — Le rôle de transmission des savoirs

Réponse : La Maison de la Sagesse joue un rôle essentiel de passerelle entre les savoirs antiques et le monde médiéval : elle rassemble des savants chargés de traduire en arabe les grandes œuvres grecques (Aristote, Euclide, Ptolémée, Hippocrate), permettant leur conservation, leur diffusion et leur enrichissement au sein du monde musulman, avant qu'elles ne soient plus tard retransmises à l'Europe médiévale, notamment via l'Espagne musulmane (Al-Andalus).

Question 3 — Explication du passage

Réponse : Ce passage souligne le caractère cosmopolite de l'activité savante à Bagdad, où se croisent des érudits de cultures très diverses (arabes, persans, syriaques, parfois byzantins ou indiens), tous rassemblés autour d'un même projet : traduire et sauvegarder en langue arabe l'héritage intellectuel grec antique, qui aurait pu autrement se perdre après la chute de l'Empire romain d'Occident.

Question 4 — Deux apports scientifiques évoqués

Réponse : Le texte évoque le perfectionnement de l'algèbre (mot lui-même issu de l'arabe al-jabr) et la diffusion du système de numération venu d'Inde, à l'origine des chiffres dits « arabes » utilisés aujourd'hui dans le monde entier. On peut également citer les progrès en médecine et en astronomie mentionnés dans le texte, fondés sur l'observation et l'expérimentation.

Question 5 — Portée historique

Réponse : La Maison de la Sagesse illustre le rôle de la civilisation musulmane comme passerelle entre l'Antiquité et le monde moderne : en conservant, traduisant et développant les savoirs grecs, indiens et perses, elle a permis leur transmission ultérieure à l'Europe médiévale, contribuant ainsi indirectement à la Renaissance européenne. Elle demeure un symbole majeur de l'âge d'or scientifique et intellectuel du monde musulman médiéval.
3

La lettre du roi Afonso Ier du Kongo au roi du Portugal

Mbanza Kongo, 1526

20 pointsDurée : 2h
#Royaume-Kongo#Afonso-Ier#1526#Traite-négrière
Document — D'après une lettre du roi Afonso Ier (Mvemba a Nzinga) au roi Jean III de Portugal, 1526
Converti au christianisme, le roi Afonso Ier du Kongo entretient une correspondance suivie avec la couronne portugaise. Dans plusieurs lettres adressées au roi Jean III, il dénonce les ravages provoqués par le commerce des esclaves dans son royaume :

« Chaque jour, ces marchands enlèvent nos gens, enfants de ce pays, fils de nos nobles et de nos vassaux, même des membres de notre propre famille [...]. Ce vice et cette corruption sont si répandus que notre pays se dépeuple entièrement [...]. C'est pourquoi nous vous prions de n'envoyer ici ni marchands ni marchandises, car notre volonté est qu'il n'y ait plus dans ce royaume aucun commerce d'esclaves. »
ConsignesCommentaire de texte historique
  1. 1. Présentez le document : nature, auteur, date et contexte de production.
  2. 2. Quelle situation le roi Afonso Ier dénonce-t-il dans cette lettre ?
  3. 3. Expliquez le passage : « notre pays se dépeuple entièrement ».
  4. 4. Que révèle ce document sur les rapports entre le royaume Kongo et le Portugal au XVIe siècle ?
  5. 5. Quelle est la portée historique de cette lettre pour comprendre l'évolution du royaume Kongo ?

✓ Corrigé rédigé

Question 1 — Présentation du document

Réponse : Il s'agit d'une lettre diplomatique, écrite en 1526 par le roi Afonso Ier (Mvemba a Nzinga), souverain converti au christianisme du royaume Kongo, et adressée au roi Jean III de Portugal. Ce document s'inscrit dans le contexte des relations privilégiées établies entre le royaume Kongo et le Portugal depuis la fin du XVe siècle, marquées à la fois par des échanges diplomatiques et religieux et par le développement croissant de la traite des esclaves.

Question 2 — La situation dénoncée

Réponse : Afonso Ier dénonce les enlèvements massifs de sujets du royaume, y compris des nobles et des membres de sa propre famille, par des marchands portugais et leurs intermédiaires locaux, dans le cadre du commerce des esclaves. Il alerte le roi du Portugal sur l'ampleur de ce phénomène qui, selon lui, menace la survie même de son royaume.

Question 3 — Explication du passage

Réponse : Cette expression traduit l'ampleur démographique et sociale des ravages causés par la traite : le rythme des captures est tel, selon le roi, que la population du royaume diminue dangereusement, menaçant à terme sa capacité économique, militaire et politique. Ce constat alarmiste illustre la prise de conscience précoce d'un souverain africain face aux effets destructeurs de la traite négrière naissante.

Question 4 — Les rapports Kongo-Portugal

Réponse : Ce document révèle l'ambiguïté des relations entre les deux royaumes : d'un côté, une relation diplomatique et religieuse suivie (Afonso Ier, roi chrétien, s'adresse d'égal à égal au roi du Portugal), de l'autre, une relation commerciale de plus en plus déséquilibrée où les intérêts des marchands portugais et de leurs relais locaux l'emportent sur les demandes du souverain kongolais, qui peine à faire respecter sa volonté sur son propre territoire.

Question 5 — Portée historique

Réponse : Cette lettre témoigne du basculement du royaume Kongo d'une relation de coopération initiale avec les Portugais vers une dépendance croissante à l'égard de la traite négrière, malgré les tentatives du pouvoir royal pour la freiner. Elle éclaire ainsi les mutations économiques et sociales profondes que subit le royaume à partir du XVIe siècle, prélude à son affaiblissement politique et à son déclin progressif après la bataille de Mbwila en 1665.
4

La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen

Assemblée nationale constituante, 26 août 1789 — Série A

20 pointsDurée : 2h
#Lumières#Révolution-française#1789#Série-A
Document — Préambule et articles 1 et 6 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen
Adoptée par l'Assemblée nationale constituante le 26 août 1789, quelques semaines après la prise de la Bastille, ce texte fondateur affirme les principes de la Révolution française, directement inspirés des idées des Lumières :

« Les représentants du peuple français [...] ont résolu d'exposer, dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l'homme [...]. Article premier — Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune. Article 6 — La loi est l'expression de la volonté générale [...]. Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. Tous les citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents. »
ConsignesCommentaire de texte historique
  1. 1. Présentez le document : nature, date, auteurs et contexte de production.
  2. 2. Quels principes fondamentaux sont affirmés dans les articles 1 et 6 ?
  3. 3. Expliquez le passage : « La loi est l'expression de la volonté générale ».
  4. 4. En quoi ce texte reflète-t-il directement les idées des philosophes des Lumières ?
  5. 5. Quelle est la portée historique de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ?

✓ Corrigé rédigé

Question 1 — Présentation du document

Réponse : Il s'agit d'un texte juridique et politique fondateur, adopté par l'Assemblée nationale constituante, représentant le peuple français, le 26 août 1789. Ce texte est promulgué quelques semaines après la prise de la Bastille (14 juillet 1789) et l'abolition des privilèges (nuit du 4 août 1789), dans le contexte du début de la Révolution française et de l'effondrement de la société d'ordres de l'Ancien Régime.

Question 2 — Les principes affirmés

Réponse : L'article premier affirme la liberté et l'égalité naturelles de tous les hommes en droits, tout en admettant des distinctions sociales seulement si elles reposent sur l'utilité commune (et non sur la naissance). L'article 6 affirme que la loi doit exprimer la volonté générale, s'appliquer également à tous les citoyens, et que l'accès aux fonctions publiques doit se faire selon le mérite (capacité, vertus, talents) et non selon la naissance ou le rang social.

Question 3 — Explication du passage

Réponse : Cette formule, directement inspirée de Jean-Jacques Rousseau et de son ouvrage « Du Contrat social », signifie que la loi ne doit plus émaner de la seule volonté du roi (comme sous la monarchie absolue), mais de l'ensemble des citoyens ou de leurs représentants, exprimant ainsi la souveraineté du peuple plutôt que celle d'un seul homme.

Question 4 — Le lien avec les idées des Lumières

Réponse : Ce texte reprend très directement plusieurs idées majeures des Lumières : l'égalité naturelle des hommes et le refus des privilèges de naissance (contre l'ordre de la société d'Ancien Régime), la souveraineté populaire et la loi comme expression de la volonté générale (Rousseau), ainsi que l'idée que le mérite personnel doit primer sur la naissance pour l'accès aux fonctions publiques, en rupture avec le système des privilèges dénoncé par les philosophes du XVIIIe siècle.

Question 5 — Portée historique

Réponse : La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen constitue l'un des textes fondateurs des démocraties modernes : elle inspire la Constitution française de 1791, influence de nombreuses constitutions à travers le monde, et préfigure la Déclaration universelle des droits de l'homme adoptée par l'ONU en 1948. Elle marque durablement la rupture entre l'Ancien Régime fondé sur les privilèges et un ordre politique nouveau fondé sur l'égalité en droits et la souveraineté populaire.