S'exprimer par écrit, ce n'est jamais seulement transmettre une information : c'est aussi orienter le regard du lecteur sur cette information. Face à une même idée, un scripteur peut choisir de la mettre en valeur ou, au contraire, de la discréditer. Cette orientation ne se fait pas au hasard : elle repose sur des choix précis de vocabulaire et de figures de style.
Valoriser une idée, c'est la présenter sous un jour favorable, en insistant sur ses avantages et ses effets positifs. Dévaloriser une idée, c'est au contraire souligner ses limites, ses dangers ou ses conséquences négatives, afin d'affaiblir son autorité aux yeux du lecteur.
Idée neutre : les réseaux sociaux permettent d'échanger avec de nombreuses personnes.
Valorisée : les réseaux sociaux offrent une formidable opportunité de tisser, en un instant, des liens précieux avec le monde entier.
Dévalorisée : les réseaux sociaux enferment l'individu dans une agitation d'échanges superficiels qui l'éloignent de ses proches réels.
Avant de rédiger, tout scripteur doit organiser ses idées selon une architecture cohérente adaptée à la nature du sujet. Le programme distingue trois grands types de plan.
Il suit une logique de causalité en trois temps : on expose d'abord les causes du phénomène étudié, puis ses conséquences, avant de proposer des solutions pour y remédier. Il convient aux sujets qui interrogent un problème social, économique ou moral.
Il met en parallèle deux éléments, deux notions ou deux situations afin d'en dégager les ressemblances puis les différences (ou l'inverse). Il convient aux sujets qui invitent explicitement à confronter deux réalités.
Il organise la réflexion en trois temps : la thèse (un premier point de vue défendu avec des arguments), l'antithèse (le point de vue opposé, également argumenté), puis la synthèse, qui dépasse la contradiction en proposant une position nuancée ou une nouvelle piste de réflexion.
| Type de plan | Structure | Utilisation recommandée |
|---|---|---|
| Analytique | Causes → Conséquences → Solutions | Sujet posant un problème à expliquer et à résoudre |
| Comparatif | Ressemblances → Différences | Sujet demandant de confronter deux éléments |
| Dialectique | Thèse → Antithèse → Synthèse | Sujet formulé comme une question discutable ou une affirmation à nuancer |
Un plan déjà rédigé n'est pas nécessairement le meilleur : l'élève doit être capable de l'évaluer avec un regard critique avant, éventuellement, de le corriger.
Il s'agit de reconstituer, à partir d'informations données sous forme de notes éparses (mots-clés, données chiffrées, étapes isolées), un texte suivi et cohérent.
Le résumé est un exercice exigeant qui suppose de comprendre parfaitement un texte avant de le restituer, en respectant son sens, son ordre et ses proportions, dans un nombre de mots réduit et imposé.
Pour un texte de 300 mots dont le résumé est demandé au tiers, le candidat doit produire un texte d'environ 100 mots, avec une marge d'erreur de 10 %, soit entre 90 et 110 mots, en indiquant à la fin : « (102 mots) ».
En quelques phrases, expliquez en quoi le plan analytique diffère du plan comparatif, aussi bien dans leur structure que dans le type de sujet auquel chacun s'applique.
Le plan analytique et le plan comparatif répondent à des logiques différentes. Le plan analytique organise la réflexion autour d'un enchaînement causal : il expose d'abord les causes d'un phénomène, puis ses conséquences, avant de proposer des solutions. Il convient donc à un sujet qui pose un problème à expliquer et à résoudre, par exemple « Pourquoi l'école abandonne-t-elle tant de jeunes, et que faire ? ». Le plan comparatif, lui, ne cherche pas à expliquer une cause mais à confronter deux réalités : il met en évidence leurs ressemblances, puis leurs différences (ou l'inverse). Il convient à un sujet qui invite explicitement à comparer, par exemple « Ville et campagne : deux modes de vie si différents ? ». Autrement dit, l'un explique un phénomène isolé dans le temps (avant/pendant/après), l'autre met en regard deux objets distincts.
Reformulez en la valorisant, puis en la dévalorisant, l'idée suivante : « Le téléphone portable facilite la communication entre les hommes ».
Version valorisée : le téléphone portable est une invention prodigieuse qui abolit les distances et permet, en un simple geste, de rester en contact permanent avec ceux que l'on aime, où qu'ils se trouvent sur la planète.
Version dévalorisée : le téléphone portable, en multipliant les échanges superficiels et incessants, finit par isoler chacun dans sa bulle numérique et appauvrit la qualité des relations humaines réellement vécues.
On observe que la première version emploie un vocabulaire mélioratif (« prodigieuse », « abolit », « rester en contact ») et une figure d'amplification, tandis que la seconde recourt à un vocabulaire péjoratif (« superficiels », « isole », « appauvrit ») qui inverse la perception du même fait.
Quelles sont les trois étapes de la compréhension d'un texte en vue de son résumé ?
Ces trois étapes garantissent que le résumé reposera sur une compréhension fidèle du texte, condition indispensable avant toute reformulation.
Pourquoi doit-on respecter une marge d'erreur et indiquer le nombre de mots dans un résumé ?
Le résumé est un exercice de contraction de texte soumis à une consigne stricte de longueur, le plus souvent exprimée en fraction du texte original (au tiers, au quart...) ou en nombre précis de mots. Respecter une marge d'erreur, généralement fixée à 10 % en plus ou en moins, est nécessaire car il est impossible, en reformulant des idées, d'obtenir un nombre de mots strictement identique pour chaque candidat : cette tolérance laisse une souplesse raisonnable tout en sanctionnant les résumés trop longs (signe d'un manque de sélection des idées) ou trop courts (signe d'une compréhension incomplète). Indiquer le nombre de mots à la fin du devoir permet au correcteur de vérifier objectivement, sans recompter lui-même, que la consigne a bien été respectée. Ne pas l'indiquer, ou dépasser largement la marge tolérée, est généralement sanctionné, car cela révèle une maîtrise insuffisante de l'exercice de contraction.
Texte à résumer (130 mots environ) :
Depuis plusieurs décennies, les campagnes congolaises se vident peu à peu de leurs forces vives. Chaque année, des milliers de jeunes ruraux quittent leur village natal pour rejoindre Brazzaville ou Pointe-Noire, attirés par l'espoir d'un emploi salarié, d'une école mieux équipée ou simplement d'une vie plus confortable. Ce mouvement, appelé exode rural, s'explique aussi par l'insuffisance des infrastructures agricoles, le manque de routes praticables et la faiblesse des prix payés aux producteurs. Or cette migration massive n'est pas sans conséquences : les villages perdent leur main-d'œuvre la plus dynamique, les terres cultivables sont progressivement abandonnées, tandis que les villes, déjà surpeuplées, voient croître le chômage et l'habitat précaire. Pour inverser cette tendance, il conviendrait de moderniser l'agriculture, de désenclaver les zones rurales et d'y installer des services publics dignes de ce nom.
Consigne : rédigez un résumé de ce texte au tiers de sa longueur, en indiquant le nombre de mots utilisés entre parenthèses à la fin de votre résumé.
Analyse rapide : le texte compte environ 130 mots ; un résumé au tiers doit donc compter environ 43 mots (marge d'erreur : 39 à 47 mots). Trois mouvements structurent le texte : le constat de l'exode rural et ses motivations (attrait urbain, faiblesse des infrastructures agricoles), ses conséquences (dépeuplement des villages, terres abandonnées, chômage urbain), puis une piste de solution (modernisation de l'agriculture et des campagnes).
Résumé proposé : Les jeunes ruraux congolais migrent massivement vers les villes, séduits par l'emploi et de meilleures conditions de vie, faute d'infrastructures agricoles suffisantes. Cet exode dépeuple les villages, abandonne les terres et aggrave le chômage urbain. Il faudrait moderniser l'agriculture et désenclaver les campagnes. (43 mots)
Quel type de plan organise le développement selon « causes → conséquences → solutions » ?
Le plan dialectique est structuré autour de :
Valoriser une idée consiste principalement à :
Quelle est la première étape de la compréhension d'un texte en vue de son résumé ?
Lors de la phase de compréhension, lequel de ces éléments doit être éliminé ?
Dans la phase de manipulation du texte, il faut principalement :
Lors de la rédaction du résumé, il est indispensable de :
La marge d'erreur tolérée dans un résumé sert à :
Un plan comparatif est particulièrement adapté lorsque le sujet invite à :
Pourquoi indique-t-on le nombre de mots utilisés à la fin d'un résumé ?