Français · Terminale D · Un texte original par genre (théâtre, roman, poésie, texte argumentatif)
Méthode : Introduction (situation du texte, idée générale, annonce du plan) — Développement (analyse par axes) — Conclusion (bilan, intérêt du texte, ouverture)
Une scène de comédie de mœurs : le valet rusé face au maître pompeux
Scène II — Le Songe de Monsieur de Trufaldin
GRIMOUX. — Monsieur a-t-il bien dormi ?
TRUFALDIN. — Comme un prince, Grimoux, comme un prince ! J'ai rêvé que le Roi me faisait duc.
GRIMOUX. — Duc de quoi, Monsieur ?
TRUFALDIN. — Duc tout court, sot ! On ne demande pas « duc de quoi » à un songe.
GRIMOUX. — C'est que les songes, chez Monsieur, sont si menteurs le jour qu'ils doivent bien mentir la nuit aussi.
TRUFALDIN. — Que veux-tu dire par là, insolent ?
GRIMOUX. — Je veux dire, Monsieur, que Monsieur mentait hier au créancier en jurant qu'il n'était pas chez lui — quand il y était tout entier, jusqu'aux bottes.
TRUFALDIN. — C'était un mensonge nécessaire !
GRIMOUX. — Alors le songe aussi, Monsieur : un duché bien nécessaire.
TRUFALDIN. — Grimoux, tu es un fripon !
GRIMOUX. — Un fripon, Monsieur, mais qui sait compter jusqu'à duc.
— Texte proposé, pastiche de comédie de mœurs (XVIIIe siècle)
Consigne : Faites le commentaire composé de ce texte.
Portrait ironique d'un chef d'État dans un roman satirique
Son Excellence aimait qu'on l'appelât le Père-Fondateur-Éclairé-de-la-Nation, titre qu'il avait lui-même composé un soir d'insomnie, faute de trouver mieux à faire régner que le sommeil de son peuple. Il possédait sept palais, trois avions et une seule idée, qu'il répétait aux mêmes micros depuis vingt ans avec la constance d'un métronome fatigué. Les journaux, unanimes comme des perroquets bien dressés, célébraient chaque matin sa clairvoyance ; les mêmes journaux, la veille, n'avaient pas eu le temps d'annoncer que la coupure d'eau durait depuis un mois. On disait de lui qu'il aimait le peuple ; le peuple, prudent, ne disait rien. Quant à moi qui l'ai vu de près, je puis témoigner d'une seule vérité certaine : Son Excellence savait, mieux que quiconque au monde, se photographier de profil.
— Texte proposé, extrait de roman satirique
Consigne : Faites le commentaire composé de ce texte.
La nostalgie du pays natal : un poème de l'exil
Je pense à toi, mon fleuve, à ton onde lointaine,
Toi qui berçais mes nuits de ton chant apaisé,
Je porte dans mon cœur, ainsi qu'une antienne,
Le parfum de ta rive et le sable embrasé.
Là-bas, sous les manguiers où dansait ma jeunesse,
Ma mère, chaque soir, m'appelait doucement,
Le pilon résonnait, promesse et allégresse,
Et le tam-tam berçait mon premier firmament.
Ici, la ville gronde et son bruit me harcèle,
L'exil a refermé ses portes de granit ;
Je cherche dans le ciel une étoile fidèle
Qui me dise le chemin du village béni.
Ô Congo, mon pays, ma sève et ma racine,
Combien d'hivers encore avant que je revienne ?
Mon âme vagabonde et jamais ne s'incline
Devant l'oubli qui veut effacer l'ancienne.
Je reviendrai, je sais, quand l'heure sera mûre,
Boire à même tes eaux la douceur du retour,
Et déposer enfin le poids de ma blessure
Aux pieds de ce pays qui fut mon premier amour.
— Texte proposé, poème lyrique en cinq quatrains d'alexandrins
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L'école, socle du développement de l'Afrique
L'école demeure, sans conteste, le socle sur lequel l'Afrique doit bâtir son avenir. En effet, aucun pays ne s'est développé durablement sans avoir d'abord investi massivement dans l'instruction de sa jeunesse. D'une part, l'éducation forme des citoyens capables de raisonner, d'innover et de participer activement à la vie démocratique ; c'est pourquoi les nations qui ont réduit l'analphabétisme ont vu, par la suite, leur économie croître de manière significative. D'autre part, l'école transmet des compétences techniques indispensables à l'industrialisation : un ingénieur, un médecin, un agronome ne s'improvisent pas. Certes, certains objecteront que la tradition orale a longtemps suffi à transmettre les savoirs ; toutefois, le monde contemporain, régi par la science et la technologie, exige désormais une instruction formelle et rigoureuse. Ainsi, chaque enfant scolarisé aujourd'hui sera, demain, une pierre ajoutée à l'édifice du continent.
— Texte proposé, extrait d'essai argumentatif
Consigne : Faites le commentaire composé de ce texte.