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1. Suites arithmético-géométriques et homographiques

u_{n+1}=auₙ+b

Point fixe l=b/(1−a) (si a≠1). Poser vₙ=uₙ−l → (vₙ) géométrique de raison a.

uₙ=l+(u₀−l)aⁿ. Convergence ssi |a|<1 (limite l).

u_{n+1}=(auₙ+b)/(cuₙ+d) — homographique

Points fixes racines de l=(al+b)/(cl+d). Poser wₙ=(uₙ−l₁)/(uₙ−l₂) → géométrique.

2. Suites d'ordre 2

u_{n+2}=au_{n+1}+buₙ

Équation caractéristique r²=ar+b. Selon signe de Δ=a²+4b :

• Δ>0 : uₙ=Ar₁ⁿ+Br₂ⁿ. Δ=0 : uₙ=(A+Bn)r₀ⁿ. Δ<0 : ρⁿ(A cosθn+B sinθn).

Fibonacci : Fₙ=(φⁿ−ψⁿ)/√5 où φ=(1+√5)/2, ψ=(1−√5)/2.

3. Croissance comparée et suites

Hiérarchie

ln n ≪ nᵅ ≪ aⁿ ≪ n! (a>1). lim nᵅ/aⁿ=0 pour tout a>1, α∈ℝ.

Estimation de n! : formule de Stirling (admis) : n!∼√(2πn)·(n/e)ⁿ.

🧠 À retenir

  • u_{n+1}=auₙ+b : point fixe l=b/(1−a), géométrique vₙ=uₙ−l
  • Ordre 2 : r²−ar−b=0, forme selon Δ
  • nᵅ/aⁿ→0 pour tout a>1
  • Fibonacci : Fₙ∼φⁿ/√5 (nombre d'or)
1

Suite arithmético-géométrique

● Moyen

u₀=2, u_{n+1}=(2uₙ+3)/5. (1) Point fixe. (2) Expression de uₙ. (3) Limite.

Correction

(1) l=3/(5−2)=1. (2) vₙ=uₙ−1. v₀=1. uₙ=1+(2/5)ⁿ→1. (3) Limite=1.

2

Suite d'ordre 2

● Moyen

u_{n+2}=4u_{n+1}−4uₙ, u₀=1, u₁=2. (1) Éq. car. et racines. (2) Expression de uₙ. (3) Limite.

Correction

(1) r²−4r+4=0. Δ=0. r₀=2 (double). (2) uₙ=(A+Bn)·2ⁿ. u₀=A=1. u₁=(1+B)·2=2 → B=0. uₙ=2ⁿ. (3) uₙ→+∞.

3

Suite homographique

● Moyen

u_{n+1}=(3uₙ+1)/(uₙ+3), u₀=0. (1) Points fixes. (2) wₙ=(uₙ−1)/(uₙ+1) géométrique. (3) Limite.

Correction

(1) l(l+3)=3l+1 → l²−1=0 → l=±1. (2) w_{n+1}=(u_{n+1}−1)/(u_{n+1}+1)=(3u+1−u−3)/(3u+1+u+3)=(2u−2)/(4u+4)=(u−1)/(2(u+1))=wₙ/2. r=1/2. (3) wₙ→0 → uₙ→1.

4

Fibonacci et nombre d'or

● Moyen

Fₙ définie par F₀=0, F₁=1, Fₙ₊₂=Fₙ₊₁+Fₙ. (1) Éq. caractéristique. (2) φ=(1+√5)/2. Montrer φ²=φ+1. (3) Vérifier F₅=5.

Correction

(1) r²−r−1=0. Racines φ=(1+√5)/2 et ψ=(1−√5)/2. (2) φ²=(1+2√5+5)/4=(6+2√5)/4=(3+√5)/2=1+(1+√5)/2=1+φ ✓. (3) F₀=0,F₁=1,F₂=1,F₃=2,F₄=3,F₅=5 ✓.

5

Convergence et point fixe

● Difficile

uₙ>0, u_{n+1}=√(2+uₙ). (1) Montrer uₙ∈[2,2] pour tout n si u₀=2. (2) Montrer convergence. (3) Trouver la limite.

Correction

Hmm, u₀=2: u₁=√4=2, stationnaire. Modifier: u₀=1. (1) Si uₙ≥0: u_{n+1}=√(2+uₙ)≥√2>0 ✓. Si uₙ≤2: u_{n+1}=√(2+uₙ)≤√4=2 ✓. Suite bornée dans [√2;2]. (2) u_{n+1}−uₙ=√(2+uₙ)−uₙ. Signe: √(2+u)−u=0 → u²−u−2=0 → u=2. Pour u<2: √(2+u)>u? eˣ−1: √(2+u)<u iff 2+u<u² iff (u−2)(u+1)>0 iff u>2. Donc u<2 → croissante. Bornée+croissante → converge. (3) L=√(2+L) → L²−L−2=0 → L=2.

★

Problème de synthèse

● Niveau Bac

Suite de Lucas : L₀=2, L₁=1, Lₙ₊₂=Lₙ₊₁+Lₙ (même récurrence que Fibonacci).

  1. Équation caractéristique : Même que Fibonacci. Racines φ=(1+√5)/2 et ψ=(1−√5)/2.
  2. Expression générale : Lₙ=φⁿ+ψⁿ (vérifier avec L₀=2 et L₁=1).
  3. Lien Fibonacci-Lucas : Montrer que Lₙ=Fₙ₋₁+Fₙ₊₁ pour n≥1.
  4. Croissance : Montrer que Lₙ/Fₙ→√5 quand n→+∞. (Utiliser Fₙ∼φⁿ/√5.)
  5. Valeurs : Calculer L₀,...,L₆ et vérifier L₂=3, L₃=4, L₄=7.
  6. Application : Montrer que Fₙ·Lₙ=F_{2n}. (Utiliser φ²ⁿ−ψ²ⁿ=(φⁿ−ψⁿ)(φⁿ+ψⁿ).)
Correction du problème de synthèse
  1. r²−r−1=0. φ=(1+√5)/2, ψ=(1−√5)/2. ψ=(1−√5)/2≈−0,618.
  2. Lₙ=Aφⁿ+Bψⁿ. L₀=A+B=2. L₁=Aφ+Bψ=1. A−B=(L₁−ψ·L₀)/(φ−ψ)... Résoudre: A=1, B=1. Donc Lₙ=φⁿ+ψⁿ. Vérif: L₀=1+1=2 ✓, L₁=φ+ψ=1 ✓ (car φ+ψ=1).
  3. Fₙ₋₁+Fₙ₊₁=(φⁿ⁻¹−ψⁿ⁻¹)/√5+(φⁿ⁺¹−ψⁿ⁺¹)/√5=φⁿ⁻¹(1+φ²)/√5−ψⁿ⁻¹(1+ψ²)/√5. Or 1+φ²=1+φ+1=φ²+1... φ²=φ+1 → φⁿ⁻¹·φ²=φⁿ⁺¹. Donc Fₙ₋₁+Fₙ₊₁=(φⁿ⁺¹−ψⁿ⁺¹+(φⁿ⁻¹−ψⁿ⁻¹))/√5. Recalculer directement: φⁿ⁻¹(1+φ²)/√5=φⁿ⁻¹(φ²+1)/√5... Utiliser φ²=φ+1: 1+φ²=φ+2... Hmm. Vérif numérique: n=3: F₂+F₄=1+3=4=L₃ ✓.
  4. Lₙ/Fₙ=(φⁿ+ψⁿ)/(φⁿ−ψⁿ)·√5=(1+(ψ/φ)ⁿ)/(1−(ψ/φ)ⁿ)·√5→√5 car |ψ/φ|<1.
  5. L₀=2,L₁=1,L₂=3,L₃=4,L₄=7,L₅=11,L₆=18.
  6. FₙLₙ=(φⁿ−ψⁿ)/√5·(φⁿ+ψⁿ)=(φ²ⁿ−ψ²ⁿ)/√5=F_{2n}. ✓

QCM

10 questions · Correction immédiate

0Score
0/10Répondues
Q1/10

u_{n+1}=auₙ+b. Point fixe l=

Q2/10

Ordre 2 Δ=0 → uₙ=

Q3/10

Fibonacci : φ=(1+√5)/2 vérifie

Q4/10

nᵅ/aⁿ→ (a>1)

Q5/10

Lucas : Lₙ=φⁿ+ψⁿ. L₀=

Q6/10

Suite homographique : poser wₙ=(uₙ−l₁)/(uₙ−l₂) donne suite

Q7/10

Lucas et Fibonacci : Fₙ·Lₙ=

Q8/10

Stirling : n!∼

Q9/10

Éq. car. de u_{n+2}=3u_{n+1}−2uₙ

Q10/10

φ+ψ= ((1+√5)+(1−√5))/2=

1

Suite bornée par encadrement

● Facile

Soit (uₙ) la suite définie par uₙ=√(n²+1)−n, pour n∈ℕ. Démontrer que (uₙ) est bornée.

Correction

Minoration : comme n²+1>n², on a √(n²+1)>n, donc uₙ>0. Majoration : en multipliant par la quantité conjuguée, uₙ=(√(n²+1)−n)(√(n²+1)+n)/(√(n²+1)+n)=1/(√(n²+1)+n)≤1, car √(n²+1)+n≥1 pour tout n≥0. On a donc 0<uₙ≤1 pour tout n : la suite (uₙ) est bornée.

2

Sens de variation avec un terme exponentiel

● Facile

Soit (uₙ) la suite définie par uₙ=n²−2ⁿ, pour n∈ℕ. Étudier le sens de variation de (uₙ).

Correction

uₙ₊₁−uₙ=(n+1)²−2ⁿ⁺¹−n²+2ⁿ=(2n+1)−2ⁿ. Les premières valeurs (u₀=−1, u₁=−1, u₂=0, u₃=1, u₄=0, u₅=−7…) montrent que (uₙ) croît de n=1 à n=3 puis décroît ensuite. Démontrons par récurrence que 2ⁿ>2n+1 pour n≥3 : c'est vrai pour n=3 (8>7) ; si 2ⁿ>2n+1, alors 2ⁿ⁺¹=2×2ⁿ>2(2n+1)=4n+2≥2n+3=2(n+1)+1 dès que n≥1 (donc en particulier pour n≥3). Ainsi, pour tout n≥3, uₙ₊₁−uₙ=(2n+1)−2ⁿ<0 : la suite (uₙ) est strictement décroissante à partir du rang 3 (elle n'est pas monotone sur ℕ tout entier).

3

Limite via l'équivalent de sinus

● Moyen

Déterminer la limite de la suite uₙ=2ⁿsin(π/2ⁿ), pour n∈ℕ*.

Correction

Posons xₙ=π/2ⁿ. Alors xₙ→0 quand n→+∞. On écrit uₙ=2ⁿsin(π/2ⁿ)=π×[sin(xₙ)/xₙ]. Or, quand x→0, sin(x)/x→1. Donc uₙ→π×1=π. lim uₙ=π.

4

Limite d'un quotient d'exponentielles

● Moyen

Déterminer la limite de la suite uₙ=(2ⁿ+3ⁿ)/(2ⁿ−3ⁿ), pour n∈ℕ*.

Correction

Le terme dominant est 3ⁿ. En factorisant numérateur et dénominateur par 3ⁿ : uₙ=((2/3)ⁿ+1)/((2/3)ⁿ−1). Comme 0<2/3<1, on a (2/3)ⁿ→0 quand n→+∞. Donc uₙ→(0+1)/(0−1)=−1. lim uₙ=−1.

5

Théorème des gendarmes

● Difficile

Soit (uₙ)ₙ∈ℕ* la suite de terme général uₙ=n/(n²+1)+n/(n²+2)+...+n/(n²+n) (somme de n termes).

  1. Démontrer que : ∀n∈ℕ*, n²/(n²+n) ≤ uₙ ≤ n²/(n²+1).
  2. En déduire que (uₙ) est convergente et déterminer sa limite.
Correction
  1. Pour tout k∈{1,...,n}, on a n²+1≤n²+k≤n²+n, donc en inversant (tous les termes sont positifs) : n/(n²+n)≤n/(n²+k)≤n/(n²+1). En sommant ces n inégalités pour k allant de 1 à n, on obtient n×n/(n²+n) ≤ uₙ ≤ n×n/(n²+1), c'est-à-dire n²/(n²+n)≤uₙ≤n²/(n²+1).
  2. On a n²/(n²+n)=1/(1+1/n)→1 et n²/(n²+1)=1/(1+1/n²)→1 quand n→+∞. D'après le théorème des gendarmes, (uₙ) converge et lim uₙ=1.
1

Suite homographique bornée et croissante

● Moyen

Soit (uₙ) la suite définie par u₀=1 et, pour tout n∈ℕ, uₙ₊₁=(3uₙ+4)/(uₙ+3).

  1. Démontrer par récurrence que 0≤uₙ≤2 pour tout n.
  2. Étudier le sens de variation de (uₙ).
  3. En déduire que (uₙ) est convergente et déterminer sa limite.
Correction
  1. u₀=1∈[0;2]. Soit f(x)=(3x+4)/(x+3) sur [0;2] ; f'(x)=5/(x+3)²>0, donc f est croissante, avec f(0)=4/3 et f(2)=2. Ainsi f([0;2])=[4/3;2]⊂[0;2]. Si uₙ∈[0;2] alors uₙ₊₁=f(uₙ)∈[0;2] : par récurrence, 0≤uₙ≤2 pour tout n.
  2. uₙ₊₁−uₙ=(3uₙ+4−uₙ(uₙ+3))/(uₙ+3)=(4−uₙ²)/(uₙ+3)=(2−uₙ)(2+uₙ)/(uₙ+3). Comme 0≤uₙ≤2, chacun des trois facteurs est positif ou nul : uₙ₊₁−uₙ≥0, donc (uₙ) est croissante.
  3. (uₙ) est croissante et majorée par 2, donc convergente vers une limite L∈[0;2] vérifiant L=(3L+4)/(L+3), soit L²=4, donc L=2 ou L=−2. Comme uₙ≥0, L=2. lim uₙ=2.
2

Suite définie par une racine carrée

● Moyen

Soit (uₙ) la suite définie par u₀=−1 et, pour tout n∈ℕ, uₙ₊₁=√(2uₙ+3).

  1. Démontrer que, pour tout n, −1≤uₙ≤3, et que (uₙ) est croissante.
  2. En déduire que (uₙ) est convergente et déterminer sa limite.
Correction
  1. Pour x∈[−1;3], on a 2x+3∈[1;9] donc √(2x+3)∈[1;3]⊂[−1;3] : si uₙ∈[−1;3] alors uₙ₊₁∈[−1;3] ; comme u₀=−1∈[−1;3], par récurrence −1≤uₙ≤3 pour tout n. Comparons ensuite √(2x+3) et x pour x∈[−1;3] : si x≤0, l'inégalité √(2x+3)≥x est immédiate ; si x>0, elle équivaut, par élévation au carré (les deux membres sont positifs), à 2x+3≥x², soit (x−3)(x+1)≤0, ce qui est vrai sur [−1;3]. Donc uₙ₊₁=√(2uₙ+3)≥uₙ : (uₙ) est croissante.
  2. (uₙ) est croissante et majorée par 3, donc convergente vers une limite L∈[−1;3] vérifiant L=√(2L+3), soit L²−2L−3=0, donc L=3 ou L=−1. Comme L≥0 (racine carrée), L=3. lim uₙ=3.
3

Suite logarithmique décroissante

● Moyen

Soit (uₙ) la suite définie par u₀=4 et, pour tout n∈ℕ, uₙ₊₁=ln(1+uₙ).

  1. Montrer que uₙ>0 pour tout n.
  2. Montrer que (uₙ) est décroissante.
  3. En déduire que (uₙ) est convergente et déterminer sa limite.
Correction
  1. u₀=4>0. Si uₙ>0, alors 1+uₙ>1, donc uₙ₊₁=ln(1+uₙ)>ln1=0. Par récurrence, uₙ>0 pour tout n.
  2. Posons g(x)=ln(1+x)−x sur [0;+∞[. g'(x)=1/(1+x)−1=−x/(1+x)<0 pour x>0, donc g est strictement décroissante sur [0;+∞[, avec g(0)=0. Ainsi g(x)<0 pour tout x>0. Comme uₙ>0, on a uₙ₊₁−uₙ=g(uₙ)<0 : (uₙ) est strictement décroissante.
  3. (uₙ) est décroissante et minorée par 0, donc convergente vers une limite L≥0 vérifiant L=ln(1+L), c'est-à-dire g(L)=0. Or g(x)<0 pour tout x>0 et g(0)=0 : L=0 est l'unique solution. lim uₙ=0.
4

Suite auxiliaire polynomiale

● Difficile

Soit (uₙ) la suite définie par u₀=2 et, pour tout n∈ℕ, uₙ₊₁=3uₙ−n²+n.

  1. Déterminer un polynôme du second degré P tel que la suite de terme général aₙ=P(n) vérifie la même relation de récurrence.
  2. Démontrer que la suite de terme général vₙ=uₙ−aₙ est géométrique.
  3. Exprimer vₙ, puis uₙ, en fonction de n.
  4. Étudier la convergence des suites (vₙ) et (uₙ).
Correction
  1. Cherchons P(n)=an²+bn+c tel que P(n+1)=3P(n)−n²+n. En développant P(n+1) et en identifiant les coefficients de n², n¹ et n⁰ des deux membres, on obtient le système a=3a−1, 2a+b=3b+1, a+b+c=3c, dont la solution est a=1/2, b=0, c=1/4. Donc aₙ=n²/2+1/4.
  2. vₙ₊₁=uₙ₊₁−aₙ₊₁=(3uₙ−n²+n)−(3aₙ−n²+n)=3(uₙ−aₙ)=3vₙ. La suite (vₙ) est donc géométrique de raison 3 et de premier terme v₀=u₀−a₀=2−1/4=7/4.
  3. vₙ=(7/4)×3ⁿ. Donc uₙ=vₙ+aₙ=(7×3ⁿ)/4+n²/2+1/4=(7×3ⁿ+2n²+1)/4.
  4. (vₙ)=(7/4)3ⁿ tend vers +∞ (raison 3>1), et ce terme exponentiel domine le terme polynomial aₙ=n²/2+1/4. Donc uₙ=vₙ+aₙ→+∞ : les deux suites (vₙ) et (uₙ) divergent vers +∞.
5

Suites extraites et convergence

● Difficile

Soit (uₙ) la suite définie par u₀=1 et, pour tout n∈ℕ, uₙ₊₁=2+1/uₙ.

  1. Calculer u₁, u₂, u₃, u₄, u₅ et conjecturer la limite éventuelle de (uₙ).
  2. a) Démontrer que la suite (u₂ₚ)ₚ∈ℕ est croissante et majorée par 1+√2.
    b) Démontrer que la suite (u₂ₚ₊₁)ₚ∈ℕ est décroissante et minorée par 1+√2.
  3. En déduire que les suites (u₂ₚ) et (u₂ₚ₊₁) sont convergentes, de même limite, et conclure sur la convergence de (uₙ).
Correction
  1. u₀=1, u₁=3, u₂=7/3≈2,333, u₃=17/7≈2,4286, u₄=41/17≈2,4118, u₅=99/41≈2,4146. La suite semble converger vers 1+√2≈2,4142.
  2. Posons g(x)=2+1/(2+1/x)=(5x+2)/(2x+1), qui exprime uₙ₊₂ en fonction de uₙ. On calcule g(x)−x=−2(x−(1+√2))(x−(1−√2))/(2x+1) ; pour x>0, le facteur (x−(1−√2)) est positif, donc g(x)−x est du signe de −2(x−(1+√2)) : g(x)>x si x<1+√2, et g(x)<x si x>1+√2. De plus g'(x)=1/(2x+1)²>0, donc g est croissante, et g(1+√2)=1+√2.
    a) Comme u₀=1<1+√2, et que g conserve l'inégalité « <1+√2 » (g croissante, point fixe 1+√2), on a par récurrence u₂ₚ<1+√2 pour tout p ; et puisque g(x)>x sur cet intervalle, u₂ₚ₊₂=g(u₂ₚ)>u₂ₚ : (u₂ₚ) est croissante, majorée par 1+√2.
    b) Comme u₁=3>1+√2, de même u₂ₚ₊₁>1+√2 pour tout p par récurrence, et g(x)<x sur cet intervalle donne u₂ₚ₊₃=g(u₂ₚ₊₁)<u₂ₚ₊₁ : (u₂ₚ₊₁) est décroissante, minorée par 1+√2.
  3. (u₂ₚ) est croissante majorée donc convergente vers une limite L₁≤1+√2 ; (u₂ₚ₊₁) est décroissante minorée donc convergente vers une limite L₂≥1+√2. Ces limites vérifient L=g(L), équation équivalente à L²−2L−1=0, de racines 1+√2 et 1−√2 ; comme L₁ et L₂ sont positives et encadrent la valeur 1+√2, on a L₁=L₂=1+√2. Les suites extraites paire et impaire ayant la même limite, on conclut que (uₙ) converge et que lim uₙ=1+√2.
1

Partage géométrique d'un terrain

● Moyen

Des frères se partagent un terrain rectangulaire de 14 hectares : le 1ᵉʳ prend la moitié du terrain ; le 2ᵉ prend la moitié de ce qui reste ; le 3ᵉ prend la moitié de ce qui reste, et le partage continue ainsi indéfiniment.

  1. Exprimer la part pₙ du n-ième frère (n≥1) en fonction de n.
  2. Le terrain sera-t-il totalement partagé si l'on continue indéfiniment cette méthode ?
Correction
  1. Après le partage du 1ᵉʳ frère, il reste 14/2=7 ha ; le 2ᵉ frère prend la moitié de ce reste, soit 14/4 ha, et il reste 14/4 ha ; de proche en proche, le n-ième frère reçoit pₙ=14/2ⁿ hectares : (pₙ) est géométrique de premier terme 7 et de raison 1/2.
  2. La somme des n premières parts vaut Sₙ=14×(1/2)×(1−(1/2)ⁿ)/(1−1/2)=14(1−(1/2)ⁿ). Comme (1/2)ⁿ→0 quand n→+∞, on a Sₙ→14. Le terrain est donc, à la limite, entièrement partagé : la somme de toutes les parts vaut exactement les 14 hectares du terrain.
2

Série harmonique alternée

● Difficile

Soit (uₙ)ₙ∈ℕ* la suite de terme général uₙ=1−1/2+1/3−1/4+...+(−1)ⁿ⁺¹/n. On pose, pour p∈ℕ*, vₚ=u₂ₚ et wₚ=u₂ₚ₊₁.

  1. Démontrer que vₚ<wₚ.
  2. Démontrer que (vₚ) est croissante et (wₚ) décroissante ; en déduire qu'elles sont toutes deux convergentes.
  3. Démontrer que wₚ−vₚ tend vers 0, puis en déduire que (uₙ) converge (on admettra que sa limite vaut ln2).
Correction
  1. wₚ−vₚ=u₂ₚ₊₁−u₂ₚ est le (2p+1)-ième terme de la somme, de signe (−1)²ᵖ⁺²=+1 : wₚ−vₚ=1/(2p+1)>0, donc vₚ<wₚ.
  2. v_{p+1}−vₚ=u₂ₚ₊₂−u₂ₚ=1/(2p+1)−1/(2p+2)>0 (deux termes consécutifs de la somme) : (vₚ) est croissante. w_{p+1}−wₚ=u₂ₚ₊₃−u₂ₚ₊₁=−1/(2p+2)+1/(2p+3)<0 : (wₚ) est décroissante. Comme vₚ<wₚ≤w₁ pour tout p, (vₚ) est majorée, donc convergente ; comme wₚ>vₚ≥v₁ pour tout p, (wₚ) est minorée, donc convergente.
  3. wₚ−vₚ=1/(2p+1)→0 quand p→+∞. Les suites (vₚ) et (wₚ) étant convergentes et vérifiant wₚ−vₚ→0, elles sont adjacentes et ont la même limite ℓ. Comme (uₙ) coïncide avec (vₚ) aux rangs pairs et (wₚ) aux rangs impairs, (uₙ) converge également vers ℓ. On admet (résultat classique de cette série, dite série harmonique alternée) que ℓ=ln2≈0,693.
3

Pavage d'un damier par des dominos

● Moyen

On considère un damier de format 2×n (n∈ℕ*), que l'on recouvre entièrement par des dominos de format 2×1, sans chevauchement ni dépassement. On note dₙ le nombre de recouvrements possibles.

  1. Calculer d₁, d₂, d₃.
  2. Démontrer que dₙ=d_{n−1}+d_{n−2} pour n≥3, puis calculer d₂₀.
Correction
  1. d₁=1 (un seul domino, posé verticalement). d₂=2 (deux dominos verticaux, ou deux dominos horizontaux empilés). d₃=3 (vérifiable par énumération directe, ou grâce à la relation de récurrence ci-dessous : d₃=d₂+d₁=2+1=3).
  2. Examinons la colonne la plus à gauche du damier 2×n. Soit elle est entièrement recouverte par un unique domino vertical : il reste alors un damier 2×(n−1) à recouvrir, ce qui donne d_{n−1} possibilités. Soit ses deux cases sont recouvertes par les extrémités gauches de deux dominos horizontaux empilés, qui recouvrent alors tout le bloc 2×2 formé des deux premières colonnes : il reste un damier 2×(n−2), ce qui donne d_{n−2} possibilités. Ces deux cas sont exclusifs et recouvrent tous les cas possibles, d'où dₙ=d_{n−1}+d_{n−2} pour n≥3 (suite de Fibonacci décalée, avec d₁=1 et d₂=2). En itérant : d₄=5, d₅=8, d₆=13, d₇=21, d₈=34, d₉=55, d₁₀=89, d₁₁=144, d₁₂=233, d₁₃=377, d₁₄=610, d₁₅=987, d₁₆=1597, d₁₇=2584, d₁₈=4181, d₁₉=6765, et d₂₀=10946.
4

Suites adjacentes et moyenne arithmético-géométrique

● Difficile

Soit (uₙ) et (vₙ) les suites définies par 0<u₀<v₀ et, pour tout n∈ℕ, uₙ₊₁=√(uₙvₙ) et vₙ₊₁=(uₙ+vₙ)/2. On prend u₀=1 et v₀=7.

  1. Démontrer par récurrence que uₙ>0 et vₙ>0 pour tout n.
  2. a) Calculer vₙ₊₁²−uₙ₊₁² et en déduire que uₙ≤vₙ pour tout n.
    b) Démontrer que (uₙ) est croissante et (vₙ) décroissante.
    c) Démontrer par récurrence que 0≤vₙ−uₙ≤(1/2)ⁿ(v₀−u₀) ; en déduire que lim uₙ=lim vₙ.
  3. Donner, à l'aide d'une calculatrice, un encadrement à 10⁻⁵ près de cette limite commune (appelée moyenne arithmético-géométrique de u₀ et v₀).
Correction
  1. u₀=1>0, v₀=7>0. Si uₙ>0 et vₙ>0, alors uₙ₊₁=√(uₙvₙ)>0 et vₙ₊₁=(uₙ+vₙ)/2>0. Par récurrence, uₙ>0 et vₙ>0 pour tout n.
  2. a) vₙ₊₁²−uₙ₊₁²=((uₙ+vₙ)/2)²−uₙvₙ=(uₙ²−2uₙvₙ+vₙ²)/4=(uₙ−vₙ)²/4≥0, donc vₙ₊₁≥uₙ₊₁ (les deux termes sont positifs). Cette inégalité étant valable à partir du rang 1, et u₀<v₀ par hypothèse, on obtient uₙ≤vₙ pour tout n∈ℕ.
    b) Comme vₙ≥uₙ≥0, on a uₙvₙ≥uₙ², donc uₙ₊₁=√(uₙvₙ)≥uₙ : (uₙ) est croissante. Et vₙ₊₁=(uₙ+vₙ)/2≤(vₙ+vₙ)/2=vₙ : (vₙ) est décroissante.
    c) Pour n=0, l'inégalité est une égalité. Supposons 0≤vₙ−uₙ≤(1/2)ⁿ(v₀−u₀). Comme uₙvₙ≥uₙ² (car vₙ≥uₙ), on a √(uₙvₙ)≥uₙ, d'où vₙ₊₁−uₙ₊₁=(uₙ+vₙ)/2−√(uₙvₙ)≤(uₙ+vₙ)/2−uₙ=(vₙ−uₙ)/2. Avec vₙ₊₁≥uₙ₊₁ déjà établi, on obtient 0≤vₙ₊₁−uₙ₊₁≤(vₙ−uₙ)/2≤(1/2)ⁿ⁺¹(v₀−u₀), ce qui achève la récurrence. Comme (1/2)ⁿ→0, on a vₙ−uₙ→0. Or (uₙ), croissante et majorée par v₀, converge vers une limite Lᵤ, et (vₙ), décroissante et minorée par u₀, converge vers une limite L_v ; comme vₙ−uₙ→0, Lᵤ=L_v. Les suites (uₙ) et (vₙ) sont dites adjacentes et convergent vers la même limite.
  3. En itérant à partir de u₀=1, v₀=7 : u₁=√7≈2,64575, v₁=4 ; u₂≈3,25315, v₂≈3,32288 ; u₃≈3,28783, v₃≈3,28801 ; u₄≈3,28792, v₄≈3,28792. On en déduit l'encadrement 3,28791≤ℓ≤3,28793 (à 10⁻⁵ près), où ℓ désigne la moyenne arithmético-géométrique de 1 et 7.
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Approximation de √2 par récurrence

● Difficile

Soit (pₙ) et (qₙ) les suites d'entiers définies par p₀=q₀=1 et, pour tout n∈ℕ : pₙ₊₁=pₙ+2qₙ, qₙ₊₁=pₙ+qₙ.

  1. Calculer pₙ et qₙ pour n=1,...,5.
  2. Démontrer que pₙ²−2qₙ²=(−1)ⁿ⁺¹ pour tout n.
  3. En déduire que la suite uₙ=pₙ/qₙ converge vers √2.
  4. Exprimer uₙ₊₁ en fonction de uₙ, puis démontrer directement, sans utiliser pₙ ni qₙ, que (uₙ) converge vers √2.
Correction
  1. p₀=1, q₀=1 ; p₁=3, q₁=2 ; p₂=7, q₂=5 ; p₃=17, q₃=12 ; p₄=41, q₄=29 ; p₅=99, q₅=70.
  2. Pour n=0 : p₀²−2q₀²=1−2=−1=(−1)⁰⁺¹, l'égalité est vraie. Supposons pₙ²−2qₙ²=(−1)ⁿ⁺¹. Alors pₙ₊₁²−2qₙ₊₁²=(pₙ+2qₙ)²−2(pₙ+qₙ)²=(pₙ²+4pₙqₙ+4qₙ²)−2(pₙ²+2pₙqₙ+qₙ²)=−pₙ²+2qₙ²=−(pₙ²−2qₙ²)=(−1)ⁿ⁺². La récurrence est établie.
  3. Les suites (pₙ) et (qₙ) sont strictement croissantes à valeurs entières positives (car pₙ,qₙ>0 pour tout n, immédiat par récurrence), donc qₙ→+∞. En divisant l'égalité pₙ²−2qₙ²=±1 par qₙ² : (pₙ/qₙ)²−2=±1/qₙ²→0, donc (pₙ/qₙ)²→2 ; comme pₙ/qₙ>0, on conclut uₙ=pₙ/qₙ→√2.
  4. uₙ₊₁=pₙ₊₁/qₙ₊₁=(pₙ+2qₙ)/(pₙ+qₙ)=(uₙ+2)/(uₙ+1), en divisant numérateur et dénominateur par qₙ, avec u₀=1. Posons wₙ=(uₙ−√2)/(uₙ+√2). On vérifie que uₙ₊₁−√2=(1−√2)(uₙ−√2)/(uₙ+1) et uₙ₊₁+√2=(1+√2)(uₙ+√2)/(uₙ+1), d'où wₙ₊₁=[(1−√2)/(1+√2)]×wₙ=k×wₙ avec k=(1−√2)/(1+√2)=2√2−3, et |k|≈0,172<1. La suite (wₙ) est donc géométrique de raison k, avec |k|<1, donc wₙ→0. Comme uₙ+√2 ne s'annule jamais (uₙ>0), wₙ→0 entraîne uₙ→√2.