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1. Raisonnement par récurrence

Principe

Pour prouver P(n) vraie pour tout n≥n₀ :

Initialisation : vérifier P(n₀). Hérédité : supposer P(n) vraie, montrer P(n+1).

Exemple — Somme des entiers

Prouver 1+2+...+n=n(n+1)/2. Init: P(1): 1=1 ✓. Hér: supposer vrai pour n, ajouter (n+1) des deux côtés.

2. Arrangements, permutations, combinaisons

ObjetFormuleSignification Arrangement Aₙᵖn!/(n-p)!p éléments parmi n, ordre compte Permutation Pₙn!Ordonner n éléments Combinaison Cₙᵖn!/(p!(n-p)!)p éléments parmi n, ordre indifférent
Propriétés des combinaisons

Cₙ⁰=Cₙⁿ=1. Cₙ¹=n. Cₙᵖ=Cₙⁿ⁻ᵖ. Pascal : Cₙᵖ+Cₙᵖ⁺¹=Cₙ₊₁ᵖ⁺¹.

3. Binôme de Newton

Formule et applications

(a+b)ⁿ = Σₖ₌₀ⁿ Cₙᵏ·aⁿ⁻ᵏ·bᵏ

Corollaires : Σ Cₙᵏ=2ⁿ (a=b=1). Σ(-1)ᵏCₙᵏ=0 (a=1,b=-1). Σk·Cₙᵏ=n·2ⁿ⁻¹.

Triangle de Pascal : chaque Cₙᵖ = somme des deux au-dessus.

À retenir

  • Récurrence : initialisation + hérédité
  • Aₙᵖ=n!/(n-p)! ; Cₙᵖ=n!/(p!(n-p)!)
  • Pascal : Cₙᵖ+Cₙᵖ⁺¹=Cₙ₊₁ᵖ⁺¹
  • Newton : (a+b)ⁿ=ΣCₙᵏaⁿ⁻ᵏbᵏ
  • ΣCₙᵏ=2ⁿ
1

Récurrence — Somme

● Moyen

Prouver par récurrence que 1²+2²+...+n²=n(n+1)(2n+1)/6.

Correction

Init: P(1): 1=6/6=1 ✓. Hér: supposer P(n). Ajouter (n+1)²: n(n+1)(2n+1)/6+(n+1)²=(n+1)[n(2n+1)+6(n+1)]/6=(n+1)(2n²+7n+6)/6=(n+1)(n+2)(2n+3)/6. C'est P(n+1). ✓

2

Combinaisons

● Moyen
  1. Calculer C₁₀³, C₈⁵.
  2. Vérifier la relation de Pascal : C₅²+C₅³=C₆³.
  3. Nb de mains de 5 cartes parmi 32.
Correction
  1. C₁₀³=120. C₈⁵=56.
  2. 10+10=20=C₆³ ✓.
  3. C₃₂⁵=201376.
3

Binôme de Newton

● Moyen
  1. Développer (1+x)⁴.
  2. Terme en x³ dans (2x-1)⁵.
  3. Calculer Σₖ₌₀¹⁰ Cₖ¹⁰.
Correction
  1. 1+4x+6x²+4x³+x⁴.
  2. C₅³·(2x)³·(-1)²=10·8x³·1=80x³.
  3. 2¹⁰=1024.
4

Identités combinatoires

● Moyen

Montrer que ΣCₙᵏ·k=n·2ⁿ⁻¹. (Dériver (1+x)ⁿ puis poser x=1.)

Correction

(1+x)ⁿ=ΣCₙᵏxᵏ. Dériver: n(1+x)ⁿ⁻¹=ΣCₙᵏ·k·xᵏ⁻¹. x=1: n·2ⁿ⁻¹=ΣCₙᵏ·k. ✓

5

Problème de dénombrement

● Difficile

Un groupe de 10 personnes (6H, 4F). (1) Comités de 4. (2) Exactement 2F. (3) Au moins 1F.

Correction
  1. C₁₀⁴=210.
  2. C₄²·C₆²=6·15=90.
  3. 210-C₆⁴=210-15=195.
★

Problème de synthèse

● Niveau Bac

On considère la suite (aₙ) définie par aₙ=ΣC_{2n}^k pour k de 0 à n.

  1. Valeurs : Calculer a₁, a₂, a₃ directement.
  2. Lien avec 4ⁿ : En utilisant (1+1)^(2n) et la symétrie C_{2n}^k=C_{2n}^{2n-k}, montrer que 2aₙ-C_{2n}^n=4ⁿ.
  3. Valeur de aₙ : En déduire aₙ=(4ⁿ+C_{2n}^n)/2.
  4. Récurrence sur C_{2n}^n : Montrer que C_{2(n+1)}^{n+1}=C_{2n}^n·(4n+2)/(n+1).
  5. Croissance : Montrer que (aₙ) est strictement croissante.
  6. Application : Calculer a₄ et vérifier par la formule.
Correction du problème de synthèse
  1. a₁=C₂⁰+C₂¹=1+2=3. a₂=C₄⁰+C₄¹+C₄²=1+4+6=11. a₃=C₆⁰+C₆¹+C₆²+C₆³=1+6+15+20=42.
  2. (1+1)^(2n)=2ⁿ=4ⁿ... Oops: 2^(2n)=4ⁿ. ΣC_{2n}^k (k=0 à 2n)=4ⁿ. Symétrie: C_{2n}^k=C_{2n}^{2n-k}. Séparer: 2×(somme k=0 à n-1)+C_{2n}^n=4ⁿ. Donc 2aₙ-C_{2n}^n=4ⁿ.
  3. aₙ=(4ⁿ+C_{2n}^n)/2. ✓
  4. C_{2(n+1)}^{n+1}=(2n+2)!/(((n+1)!)²)=(2n)!·(2n+1)(2n+2)/((n!)²·(n+1)²)=C_{2n}^n·(2n+1)·2/(n+1)=C_{2n}^n·(4n+2)/(n+1).
  5. a_{n+1}-aₙ=(4^{n+1}+C_{2n+2}^{n+1}-4ⁿ-C_{2n}^n)/2=(3·4ⁿ+C_{2n}^n·[(4n+2)/(n+1)-1])/2>0. Croissante.
  6. a₄=(4⁴+C₈⁴)/2=(256+70)/2=163. Vérif directe: 1+8+28+56+70=163 ✓.

QCM

10 questions

0Score
0/10Répondues
Q1/10

1+2+...+n=n(n+1)/2 se prouve par

Q2/10

C₁₀³=

Q3/10

Pascal: Cₙᵖ+Cₙᵖ⁺¹=

Q4/10

(1+x)ⁿ=

Q5/10

ΣCₙᵏ (k=0 à n)=

Q6/10

Aₙᵖ (arrangements de p parmi n)=

Q7/10

Terme en x³ dans (1+x)⁵=

Q8/10

Récurrence: hérédité = supposer P(n) et prouver

Q9/10

Cₙᵖ=Cₙⁿ⁻ᵖ est la propriété de

Q10/10

Nb de comités de 3 parmi 8=

Exercices supplémentaires tirés du CIAM Terminale SE (Collection Inter-Africaine de Mathématiques), section « Entraînement » du chapitre correspondant — énoncés fidèles au manuel, corrections rédigées pour ce site.

1

Fiches réponses d'une enquête

● Facile

Une enquête comporte dix questions. À chacune d'elles, on peut répondre soit par oui, soit par non, soit s'abstenir. Quel est le nombre de fiches réponses différentes possibles ?

Correction

Pour chacune des 10 questions, il y a 3 choix indépendants possibles (oui / non / abstention). Par le principe multiplicatif, le nombre de fiches réponses est 3¹⁰=59 049.

2

Itinéraire touristique

● Facile

Un touriste européen veut visiter trois villes de l'Ouest de la Côte d'Ivoire parmi les cinq suivantes : Danané, Man, Biankouma, Duékoué, Guiglo. Combien d'itinéraires peut-il concevoir ?

Correction

Un itinéraire est une liste ordonnée de 3 villes distinctes parmi 5 (l'ordre de visite compte) : il s'agit d'un arrangement. A₅³=5!/(5−3)!=5×4×3=60 itinéraires.

3

Composition d'un comité de classe

● Moyen

Une classe de 30 élèves (12 garçons internes, 12 garçons externes, 3 filles externes, 3 filles internes) décide de désigner un chef de classe, deux adjoints, deux responsables de l'entretien (ces cinq élèves forment un comité). De combien de façons différentes peut-on composer le comité si l'on veut que : a) le chef soit interne ? b) les adjoints soient de sexes différents ?

Correction

Il y a 15 internes (12 garçons+3 filles) et 15 externes, soit 24 garçons et 6 filles en tout.

a) Le chef doit être interne : 15 choix. Les 2 adjoints (paire non ordonnée) sont choisis parmi les 29 élèves restants : C₂₉²=406. Les 2 responsables sont choisis parmi les 27 élèves restants : C₂₇²=351. Total : 15×406×351=2 137 590 comités.

b) Le chef est choisi librement parmi 30, puis les 2 adjoints doivent être de sexes différents (1 garçon + 1 fille), puis les 2 responsables librement parmi les 27 restants (C₂₇²=351, indépendant du choix précédent). Si le chef est un garçon (24 choix), il reste 23 garçons et 6 filles : 23×6=138 paires mixtes. Si le chef est une fille (6 choix), il reste 24 garçons et 5 filles : 24×5=120 paires mixtes. Total des choix (chef, adjoints) : 24×138+6×120=3312+720=3312+720=4032. En incluant les responsables : 4032×351=1 415 232 comités.

4

Nombres divisibles par 3

● Moyen

On rappelle qu'en numération décimale, un nombre est divisible par 3 si et seulement si la somme de ses chiffres est divisible par 3.

  1. Combien y a-t-il de nombres de deux chiffres dont la somme des chiffres est 9 ? Même question pour 12.
  2. Dénombrer ainsi les nombres à deux chiffres divisibles par 3.
  3. Comparer avec le nombre de multiples de 3 qui s'écrivent avec exactement deux chiffres.
Correction

1. Un nombre de deux chiffres s'écrit d₁d₂ avec d₁∈{1,...,9}, d₂∈{0,...,9}. Pour d₁+d₂=9 : d₁ parcourt 1 à 9 (d₂=9−d₁ reste dans {0,...,8}⊂{0,...,9}), soit 9 nombres (18,27,36,45,54,63,72,81,90). Pour d₁+d₂=12 : il faut d₂=12−d₁≤9 donc d₁≥3, et d₁≤9 ; d₁ parcourt {3,...,9}, soit 7 nombres (39,48,57,66,75,84,93).

2. On dénombre de même pour chaque somme s divisible par 3 (s=3,6,9,12,15,18) : s=3 → 3 nombres (12,21,30) ; s=6 → 6 nombres ; s=9 → 9 nombres ; s=12 → 7 nombres ; s=15 → 4 nombres (69,78,87,96) ; s=18 → 1 nombre (99). Total : 3+6+9+7+4+1=30 nombres.

3. Les multiples de 3 à deux chiffres vont de 12 à 99 : leur nombre est (99−12)/3+1=29+1=30. On retrouve exactement le même résultat qu'à la question 2, ce qui confirme le critère de divisibilité par 3 utilisé.

5

Problème de synthèse — binôme de Newton et dérivation

● Difficile

n étant un entier naturel supérieur ou égal à 2, on considère la fonction f de ℝ vers ℝ définie par f(x)=(1+x)ⁿ.

  1. En utilisant la formule du binôme de Newton et en dérivant f(x), démontrer que pour tout réel x : C_n¹+2C_n²x+3C_n³x²+...+nC_nⁿxⁿ⁻¹=n(1+x)ⁿ⁻¹.
  2. En déduire que C_n¹+2C_n²+...+nC_nⁿ=n·2ⁿ⁻¹ et que C_n¹−2C_n²+3C_n³−...+(−1)ⁿ⁻¹nC_nⁿ=0.
Correction

1. D'après le binôme de Newton, f(x)=(1+x)ⁿ=Σ_{k=0}^{n} C_nᵏxᵏ. En dérivant terme à terme (le terme k=0 est constant, sa dérivée est nulle) : f'(x)=Σ_{k=1}^{n} k·C_nᵏ·xᵏ⁻¹=C_n¹+2C_n²x+3C_n³x²+...+nC_nⁿxⁿ⁻¹. Or f'(x)=n(1+x)ⁿ⁻¹ en dérivant directement (1+x)ⁿ. Par unicité de la dérivée, on obtient l'égalité demandée : C_n¹+2C_n²x+...+nC_nⁿxⁿ⁻¹=n(1+x)ⁿ⁻¹.

2. En posant x=1 dans l'égalité précédente : C_n¹+2C_n²+...+nC_nⁿ=n(1+1)ⁿ⁻¹=n·2ⁿ⁻¹.

En posant x=−1 (n≥2, donc n−1≥1) : C_n¹+2C_n²(−1)+3C_n³(−1)²+...+nC_nⁿ(−1)ⁿ⁻¹=n(1−1)ⁿ⁻¹=n·0ⁿ⁻¹=0, soit C_n¹−2C_n²+3C_n³−...+(−1)ⁿ⁻¹nC_nⁿ=0.

Cinq exercices supplémentaires tirés du CIAM Terminale SE (Collection Inter-Africaine de Mathématiques), section « Analyse combinatoire » et « Probabilité d'un événement » du chapitre correspondant, niveau intermédiaire — énoncés fidèles au manuel, corrections rédigées pour ce site.

1

Répartition de journaux dans des casiers

● Moyen

On désire répartir 6 journaux dans 11 casiers nominatifs. De combien de façons peut-on le faire dans chacun des cas suivants ?

  1. Chaque casier peut contenir au plus un journal et : a) les journaux sont distincts ; b) les journaux sont identiques.
  2. Chaque casier peut contenir un nombre quelconque de journaux et : a) les journaux sont distincts ; b) les journaux sont identiques.
Correction
  1. a) Chaque casier contient au plus un journal et les journaux sont distincts : il s'agit de choisir, pour les 6 journaux distincts, 6 casiers parmi 11 en tenant compte de l'ordre (à quel journal correspond quel casier) : c'est un arrangement. A₁₁⁶=11!/5!=11×10×9×8×7×6=332 640.
    b) Les journaux sont identiques : seul l'ensemble des casiers occupés compte, sans ordre : c'est une combinaison. C₁₁⁶=462.
  2. a) Chaque casier peut recevoir plusieurs journaux et les journaux sont distincts : chaque journal choisit indépendamment l'un des 11 casiers, soit 11⁶=1 771 561 répartitions.
    b) Les journaux sont identiques et chaque casier peut en recevoir plusieurs : c'est une répartition de 6 objets identiques dans 11 casiers distincts sans restriction, c'est-à-dire une combinaison avec répétition : C(6+11−1,6)=C₁₆⁶=8 008.
2

Enquête culturelle — diagramme de Venn à trois ensembles

● Difficile

Une enquête a été réalisée auprès d'un échantillon de 800 personnes sur leurs pratiques culturelles au cours du trimestre précédent. On note C l'ensemble des personnes allées au cinéma, T celui des personnes allées au théâtre, et M celui des personnes allées au concert. Les résultats obtenus sont : card(C)=400 ; card(T)=155 ; card(C∩M)=110 ; card(T∩M)=65 ; card(C∩T∩M)=20.

  1. Combien de personnes ne vont qu'au cinéma (et à aucune des deux autres activités) ?
  2. Combien de personnes n'ont aucune de ces trois activités culturelles ?

On utilisera un diagramme de Venn à trois ensembles et les opérations logiques sur les ensembles pour trouver et justifier les résultats obtenus.

Remarque : telles quelles, ces données ne suffisent pas à compléter entièrement le diagramme — il manque card(C∩T) (cinéma et théâtre) et card(M) (total des personnes allées au concert), aucune des deux n'étant donnée ni déductible des autres. Pour rendre l'exercice résoluble, on complète l'énoncé par l'hypothèse suivante, explicitement posée et cohérente avec les données fournies : card(C∩T)=50 et card(M)=200 (on vérifie bien 20≤50, 20≤110, 20≤65, et 50≤155, 110≤200, 65≤200).

Correction

Préalable sur les données manquantes : un diagramme de Venn à trois ensembles comporte 7 régions internes (les 3 « seul », les 3 intersections deux à deux hors triple, et la triple intersection) plus l'extérieur. Pour les déterminer toutes, il faut connaître card(C), card(T), card(M), card(C∩T), card(C∩M), card(T∩M) et card(C∩T∩M) : sept données. L'énoncé n'en fournit que cinq (card(M) et card(C∩T) manquent). On adopte donc l'hypothèse card(C∩T)=50 et card(M)=200 précisée ci-dessus pour pouvoir conclure.

Construction du diagramme (régions « exclusives ») :

• Cinéma et théâtre seulement (pas concert) : card(C∩T)−card(C∩T∩M)=50−20=30.
• Cinéma et concert seulement (pas théâtre) : card(C∩M)−card(C∩T∩M)=110−20=90.
• Théâtre et concert seulement (pas cinéma) : card(T∩M)−card(C∩T∩M)=65−20=45.
• Cinéma seulement : card(C)−[card(C∩T)+card(C∩M)−card(C∩T∩M)]=400−(50+110−20)=400−140=260.
• Théâtre seulement : card(T)−[card(C∩T)+card(T∩M)−card(C∩T∩M)]=155−(50+65−20)=155−95=60.
• Concert seulement : card(M)−[card(C∩M)+card(T∩M)−card(C∩T∩M)]=200−(110+65−20)=200−155=45.
• Les trois activités : 20.

1. Le nombre de personnes qui ne vont qu'au cinéma est la région « cinéma seulement » : 260 personnes.

2. card(C∪T∪M)=card(C)+card(T)+card(M)−card(C∩T)−card(C∩M)−card(T∩M)+card(C∩T∩M)=400+155+200−50−110−65+20=550 (on retrouve bien 550 en additionnant les 7 régions : 260+60+45+30+90+45+20=550). Le nombre de personnes sans aucune de ces trois activités est donc 800−550=250 personnes.

3

Tirage simultané de boules blanches et noires

● Moyen

On considère un sac contenant trois boules blanches et trois boules noires. On tire au hasard et simultanément trois boules.

  1. Calculer la probabilité de chacun des évènements suivants : A « on obtient au moins une boule blanche » ; B « on obtient au moins deux boules noires » ; C « on obtient au moins une boule de chaque couleur ».
  2. Définir l'événement A∩B par une phrase simple, puis calculer sa probabilité.
Correction

Le nombre total de tirages de 3 boules parmi les 6 est C₆³=20 (équiprobables).

  1. P(A) : l'évènement contraire « aucune boule blanche » signifie que les 3 boules tirées sont noires : C₃³=1 cas. P(A)=1−1/20=19/20.
    P(B) : « au moins 2 boules noires » = exactement 2 noires (C₃²×C₃¹=3×3=9 cas) ou 3 noires (C₃³=1 cas), soit 10 cas. P(B)=10/20=1/2.
    P(C) : le contraire « pas de boule de chaque couleur » signifie que les 3 boules sont de la même couleur : C₃³+C₃³=2 cas. P(C)=1−2/20=9/10.
  2. Avec seulement 3 boules tirées, « au moins 1 blanche » et « au moins 2 noires » ne peuvent se produire ensemble que si l'on a exactement 2 boules noires et 1 boule blanche (3 noires exclurait la blanche). Donc A∩B = « on obtient exactement 2 boules noires et 1 boule blanche ». P(A∩B)=C₃²×C₃¹/20=9/20=9/20.
4

Probabilités sur une machine à écrire

● Moyen

Une machine à écrire comporte 42 touches parmi lesquelles se trouvent 8 chiffres, 26 lettres et 8 symboles divers.

  1. On considère une enfant qui ne sait pas lire sur une touche et on admet alors que la probabilité qu'elle frappe une touche déterminée est la même quelle que soit cette touche. a) Quelle est la probabilité pour qu'elle frappe une lettre ? b) Cette enfant se prénomme Nongba. Quelle est la probabilité pour qu'elle frappe une lettre de son prénom ? Même question si cette enfant se prénomme Mariam. c) Quelle est la probabilité pour qu'elle frappe la dernière lettre de son prénom ?
  2. Nongba frappe successivement 6 touches. Quelle est la probabilité pour qu'elle frappe son prénom ?
Correction

Chaque touche a la même probabilité 1/42 d'être frappée.

  1. a) Il y a 26 lettres sur 42 touches : P=26/42=13/21.
    b) Les lettres distinctes du prénom NONGBA sont {N,O,G,B,A}, soit 5 lettres distinctes : P=5/42. Les lettres distinctes de MARIAM sont {M,A,R,I}, soit 4 lettres distinctes : P=4/42=2/21.
    c) La dernière lettre est une touche précise parmi 42 : pour Nongba (dernière lettre « A »), P=1/42 ; pour Mariam (dernière lettre « M »), P=1/42 également.
  2. Les 6 frappes sont successives et indépendantes (même loi à chaque frappe). Pour obtenir exactement la suite N-O-N-G-B-A dans cet ordre, chaque frappe doit tomber sur une lettre précise, de probabilité 1/42 : P=(1/42)⁶=1/5 489 031 744≈1,82×10⁻¹⁰.
5

Tirage de personnes parmi des couples — indépendance

● Difficile

Onze couples, dont le couple Koné, doivent tirer au sort quatre personnes pour présenter leur mutuelle de développement aux responsables de la commune. Les tirages sont supposés équiprobables.

  1. Calculer la probabilité de chacun des évènements suivants : A « aucun homme n'est désigné » ; B « monsieur Koné est désigné » ; C « le couple Koné est désigné » ; D « deux hommes et deux femmes sont désignés » ; E « deux couples sont désignés ».
  2. Les évènements A et B sont-ils indépendants ? incompatibles ? Les évènements B et E sont-ils indépendants ? incompatibles ?
Correction

Il y a 22 personnes (11 hommes, 11 femmes). Le nombre de tirages possibles de 4 personnes est C₂₂⁴=7 315.

  1. P(A) : les 4 personnes sont choisies parmi les 11 femmes : C₁₁⁴/C₂₂⁴=330/7315=6/133.
    P(B) : M. Koné fait partie des 4 tirés parmi 22 personnes : par symétrie, P(B)=4/22=2/11 (on peut vérifier : C₂₁³/C₂₂⁴=1330/7315=2/11).
    P(C) : le couple Koné (les 2) est tiré, les 2 autres personnes parmi les 20 restantes : C₂₀²/C₂₂⁴=190/7315=2/77.
    P(D) : 2 hommes parmi 11 et 2 femmes parmi 11 : (C₁₁²×C₁₁²)/C₂₂⁴=(55×55)/7315=3025/7315=55/133.
    P(E) : 2 couples entiers parmi les 11 couples : C₁₁²/C₂₂⁴=55/7315=1/133.
  2. A et B : si B est réalisé, M. Koné (un homme) fait partie des 4 personnes, donc A (aucun homme) ne peut pas être réalisé : A∩B=∅. A et B sont incompatibles. Comme P(A)≠0 et P(B)≠0 mais P(A∩B)=0≠P(A)×P(B), A et B ne sont pas indépendants (deux évènements incompatibles de probabilités non nulles ne sont jamais indépendants).
    B et E : P(B∩E) = M. Koné désigné et 2 couples entiers désignés = le couple Koné plus un autre couple parmi les 10 restants : C₁₀¹/C₂₂⁴=10/7315=2/1463. Or P(B)×P(E)=(2/11)×(1/133)=2/1463. Comme P(B∩E)=P(B)×P(E), les évènements B et E sont indépendants (et non incompatibles, puisque B∩E≠∅).

Cinq problèmes de synthèse, plus longs et plus exigeants, tirés de la fin de la banque d'exercices (section « Problèmes ») du CIAM Terminale SE — pour aller plus loin et préparer les épreuves de type baccalauréat.

1

Répartition de deux boules dans trois cases

● Difficile

Deux boules de couleurs différentes, rouge et noire, sont réparties dans trois cases de couleurs différentes, rouge, noire et jaune.

  1. On suppose que chaque case ne peut contenir plus d'une boule. a) Combien y a-t-il de répartitions possibles des deux boules dans les trois cases ? b) En supposant toutes ces répartitions équiprobables, calculer la probabilité de chacun des évènements suivants : A « chaque boule est dans la case de sa couleur » ; B « la case jaune est vide » ; C « la boule rouge est la seule dans la case ayant sa couleur ».
  2. On suppose que chaque case peut contenir plus d'une boule. a) Combien y a-t-il de répartitions possibles des deux boules dans les trois cases ? b) En supposant toutes ces répartitions équiprobables, calculer la probabilité des évènements A et B définis au 1.b).
Correction
  1. a) Chaque case contient au plus une boule : la boule rouge (R) choisit l'une des 3 cases, puis la boule noire (N) choisit l'une des 2 cases restantes : 3×2=6 répartitions (R→rouge,N→noire ; R→rouge,N→jaune ; R→noire,N→rouge ; R→noire,N→jaune ; R→jaune,N→rouge ; R→jaune,N→noire).
    b) P(A) : un seul cas (R→case rouge, N→case noire) sur 6 : P(A)=1/6.
    P(B) : la case jaune est vide si les 2 boules occupent les cases rouge et noire, dans un ordre quelconque : 2 cas sur 6 (R→rouge,N→noire ; R→noire,N→rouge) : P(B)=2/6=1/3.
    P(C) : R est dans la case rouge (sa couleur) et N n'est pas dans la case noire (sinon N correspondrait aussi) : le seul cas est R→rouge, N→jaune : P(C)=1/6.
  2. a) Chaque case peut contenir plusieurs boules : chaque boule choisit librement l'une des 3 cases, indépendamment de l'autre : 3×3=9 répartitions.
    b) P(A) : un seul cas (R→rouge, N→noire) sur 9 : P(A)=1/9.
    P(B) : la case jaune vide signifie qu'aucune des 2 boules n'est en case jaune, soit chacune parmi les 2 cases restantes : 2×2=4 cas sur 9 : P(B)=4/9.
2

Urne à trois couleurs — probabilité et étude de fonction (D'après Bac)

● Difficile

Une urne contient 42 boules indiscernables au toucher. Il y a n boules blanches et n boules rouges (n est un entier naturel) ; toutes les autres boules sont vertes. Il y a au moins une boule de chaque couleur dans l'urne. On tire au hasard et simultanément 3 boules de l'urne.

  1. Déterminer l'ensemble A des valeurs que peut prendre le nombre n.
  2. On suppose que n=8 dans cette question. On donnera les résultats à 10⁻³ près par défaut. a) Quelle est la probabilité P₁ de tirer une boule de chaque couleur (une boule blanche, une boule rouge et une boule verte) ? b) Calculer P₂ de tirer 3 boules vertes.
  3. On considère la fonction f de la variable x définie sur [1;20] par f(x)=−2x³+42x². Étudier les variations de f. (On montrera que f possède un maximum sur [1;20] pour x=14.)
  4. Dans cette question, on suppose que n appartient à A défini à la question 1. On note P(n) la probabilité d'obtenir une boule de chaque couleur. a) Déterminer P(n). b) En utilisant les résultats obtenus à la question 3, déterminer la valeur n₀ de n pour que P(n) soit maximum. Calculer P(n₀) à 10⁻³ près par défaut.
Correction
  1. Il y a n blanches, n rouges et 42−2n vertes. Il faut n≥1 (au moins une blanche, donc aussi une rouge) et 42−2n≥1, soit n≤20,5, donc n≤20 (n entier). D'où A={1,2,...,20}.
  2. Pour n=8 : 8 blanches, 8 rouges, 42−16=26 vertes. Nombre total de tirages de 3 boules parmi 42 : C₄₂³=11 480.
    a) P₁=(C₈¹×C₈¹×C₂₆¹)/C₄₂³=(8×8×26)/11480=1664/11480=208/1435≈0,145.
    b) P₂=C₂₆³/C₄₂³=2600/11480=65/287≈0,226.
  3. f'(x)=−6x²+84x=−6x(x−14). Sur [1;20], x>0, donc f'(x) est du signe de −(x−14)=14−x : f'(x)>0 sur [1;14[ (f croissante) et f'(x)<0 sur ]14;20] (f décroissante). f admet donc un maximum en x=14, avec f(14)=−2×14³+42×14²=−5488+8232=2744.
  4. a) Par le même calcul qu'à la question 2.a) avec n boules blanches, n rouges et 42−2n vertes : P(n)=(C_n¹×C_n¹×C_{42-2n}¹)/C₄₂³=n²(42−2n)/11480. On remarque que n²(42−2n)=−2n³+42n²=f(n) : donc P(n)=f(n)/11480.
    b) D'après l'étude de f à la question 3, f (donc P) est maximale pour x=14, qui appartient bien à A={1,...,20} : n₀=14. P(n₀)=f(14)/11480=2744/11480=49/205≈0,239.
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Tirages de deux cartes — avec et sans remise

● Difficile

On tire deux cartes dans un jeu de 52 cartes (dont 4 as).

  1. La seconde carte est tirée après remise de la première dans le jeu (tirages indépendants). a) Quelle est la probabilité de tirer deux as ? b) Quelle est la probabilité de tirer au moins un as ? c) Quelle est la probabilité que la seconde carte tirée soit un as ?
  2. La seconde carte est tirée sans qu'on ait préalablement remis la première dans le jeu (tirage exhaustif). a) Quelle est la probabilité de tirer deux as ? b) Quelle est la probabilité de tirer au moins un as ? c) Quelle est la probabilité que la seconde carte tirée soit un as ?
Correction
  1. Avec remise (tirages indépendants, chaque tirage a 4 as sur 52 cartes) :
    a) P(2 as)=(4/52)×(4/52)=(1/13)²=1/169.
    b) P(au moins 1 as)=1−P(aucun as)=1−(48/52)²=1−(12/13)²=1−144/169=25/169.
    c) Par indépendance, la seconde carte suit la même loi que la première, indépendamment du résultat du premier tirage : P=4/52=1/13.
  2. Sans remise (tirage exhaustif) :
    a) P(2 as)=(4/52)×(3/51)=12/2652=1/221.
    b) P(au moins 1 as)=1−P(aucun as)=1−(48/52)×(47/51)=1−2256/2652=1−188/221=33/221.
    c) Par la formule des probabilités totales (selon que la première carte est un as ou non) : P(2ᵉ as)=(4/52)×(3/51)+(48/52)×(4/51)=(12+192)/2652=204/2652=1/13. Fait remarquable : par symétrie entre les positions des cartes, la probabilité que la seconde carte soit un as est la même qu'avec remise, malgré la dépendance entre les deux tirages.
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Loi de probabilité en suite arithmétique (D'après Bac)

● Difficile

Une urne contient quatre jetons marqués respectivement 1, 2, 3 et m (m∈ℝ*). On tire au hasard un jeton dans l'urne. On note P₁, P₂, P₃ et Pₘ les probabilités respectives de tirer le jeton marqué 1, 2, 3 et m. P₁, P₂, P₃ et Pₘ constituent dans cet ordre une suite arithmétique de raison 1/8.

  1. a) Montrer que P₁=1/16. b) Calculer P₂, P₃ et Pₘ.
  2. On considère X la variable aléatoire qui, à chaque tirage, associe le nombre marqué sur le jeton tiré. a) Définir la loi de probabilité de la variable X. b) Calculer m sachant que l'espérance mathématique de X vaut 2.
Correction
  1. a) Suite arithmétique de raison 1/8 : P₂=P₁+1/8, P₃=P₁+2/8, Pₘ=P₁+3/8. La somme des probabilités vaut 1 : P₁+P₂+P₃+Pₘ=4P₁+(0+1+2+3)/8=4P₁+3/4=1, d'où 4P₁=1/4, soit P₁=1/16.
    b) P₂=1/16+2/16=3/16 ; P₃=1/16+4/16=5/16 ; Pₘ=1/16+6/16=7/16 (on vérifie : 1/16+3/16+5/16+7/16=16/16=1 ✓).
  2. a) Loi de X : P(X=1)=1/16 ; P(X=2)=3/16 ; P(X=3)=5/16 ; P(X=m)=7/16.
    b) E(X)=1×(1/16)+2×(3/16)+3×(5/16)+m×(7/16)=(1+6+15+7m)/16=(22+7m)/16=2. D'où 22+7m=32, soit 7m=10, donc m=10/7 (valeur bien non nulle et distincte de 1, 2, 3, conforme à l'énoncé).
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Ouverture d'un cadenas à combinaison secrète

● Difficile

Un père et son fils achètent un cadenas. Le vendeur du cadenas communique à l'acheteur une combinaison secrète à quatre chiffres permettant d'ouvrir le cadenas. Cette combinaison est un nombre compris entre 0000 et 9999.

  1. Arrivé chez lui, le fils ne se souvient plus de la combinaison communiquée par le vendeur. Quelle est la probabilité qu'il ouvre le cadenas au premier essai ? au deuxième essai ? (on suppose qu'il n'essaie jamais deux fois la même combinaison)
  2. Le père se souvient seulement que la combinaison du cadenas comporte deux fois le chiffre 2 et deux fois le chiffre 4. Soit k un élément de {1;2;3;4;5;6}. Déterminer la probabilité pₖ pour que le père arrive à ouvrir le cadenas au kième essai.
Correction
  1. Il y a 10 000 combinaisons possibles (de 0000 à 9999), une seule est la bonne. Le fils teste des combinaisons distinctes au hasard sans répétition : par symétrie, chaque combinaison a la même chance d'être la bonne et d'être testée à un rang donné, donc chaque essai (le 1ᵉʳ comme le 2ᵉ) a la même probabilité 1/10000 d'être le bon essai. P(1ᵉʳ essai)=1/10000 ; P(2ᵉ essai)=(9999/10000)×(1/9999)=1/10000.
  2. Une combinaison comportant exactement deux « 2 » et deux « 4 » correspond à un choix des 2 positions (parmi les 4) occupées par les chiffres 2, les 2 positions restantes recevant les chiffres 4 : il y a C₄²=6 combinaisons possibles (2244, 2424, 2442, 4224, 4242, 4422). Le père teste ces 6 combinaisons distinctes sans répétition, une seule étant la bonne : par le même argument de symétrie qu'à la question 1, pₖ=1/6 pour tout k∈{1;2;3;4;5;6}.