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Ch. 06 Mathématiques · 2nde C

Généralités sur les fonctions

Objectif Général 3 — Définition d'une fonction et d'une application, injection, surjection, bijection, parité, périodicité, prolongement et restriction.

1. Définition d'une fonction

Définition

Soit E et F deux ensembles. Une fonction f de E vers F, notée f : E → F, est une correspondance qui à certains éléments x de E associe au plus un élément y de F, noté y = f(x).

L'ensemble des éléments de E qui possèdent effectivement une image par f s'appelle l'ensemble (ou domaine) de définition de f, noté Df.

Image et antécédent

Si y = f(x), on dit que y est l'image de x par f, et que x est un antécédent de y par f.

Un élément de E a au plus une image (c'est la définition même d'une fonction), mais un élément de F peut avoir zéro, un ou plusieurs antécédents.

Application

Une application est une fonction f : E → F telle que tout élément de E possède une image, c'est-à-dire Df = E. Toute application est donc une fonction, mais une fonction n'est une application que si son domaine de définition est l'ensemble de départ tout entier.

Exemple

f : ℝ → ℝ, x ↦ 1/x est une fonction mais pas une application, car 0 n'a pas d'image (Df = ℝ* ≠ ℝ).

g : ℝ → ℝ, x ↦ x² est une application, car tout réel x possède une image x² (Dg = ℝ).

2. Injection, surjection, bijection

Application injective

Une application f : E → F est injective si deux éléments distincts de E ont toujours des images distinctes :

∀ x1, x2 ∈ E, x1 ≠ x2 ⟹ f(x1) ≠ f(x2)

Ce qui équivaut, par contraposée, à : f(x1) = f(x2) ⟹ x1 = x2. Graphiquement, toute droite horizontale coupe la courbe de f en au plus un point.

Application surjective

Une application f : E → F est surjective si tout élément de F possède au moins un antécédent dans E, c'est-à-dire si l'ensemble des images de f (l'image de E par f) est égal à F tout entier. Graphiquement, toute droite horizontale d'ordonnée dans F coupe la courbe en au moins un point.

Application bijective

Une application f : E → F est bijective si elle est à la fois injective et surjective : tout élément de F possède alors exactement un antécédent dans E. Graphiquement, toute droite horizontale d'ordonnée dans F coupe la courbe en exactement un point. Une application bijective admet une application réciproque, notée f⁻¹.

Exemple

f : ℝ → ℝ, x ↦ x² n'est ni injective (car f(2) = f(−2) = 4, deux antécédents distincts pour une même image) ni surjective (aucun réel négatif n'a d'antécédent, puisque x² ≥ 0). En revanche, g : [0;+∞[ → [0;+∞[, x ↦ x² est bijective : tout réel positif y a un unique antécédent, √y.

3. Parité d'une fonction

Domaine symétrique

La parité n'a de sens que si le domaine de définition Df est symétrique par rapport à 0 : pour tout x ∈ Df, on a aussi −x ∈ Df.

Fonction paire

f est paire si, pour tout x ∈ Df : f(−x) = f(x). Sa courbe est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées (Oy).

Fonction impaire

f est impaire si, pour tout x ∈ Df : f(−x) = −f(x). Sa courbe est symétrique par rapport à l'origine O du repère.

FonctionDomaineParitéVérification
Paire(−x)² = x²
|x|Paire|−x| = |x|
Impaire(−x)³ = −x³
1/xℝ*Impaire1/(−x) = −1/x
x + 1Ni paire ni impaire−x+1 ≠ x+1 et −x+1 ≠ −(x+1)

4. Périodicité d'une fonction

Définition

Une fonction f, de domaine Df, est périodique de période T (T réel strictement positif) si :

• Df est stable par les translations de vecteurs ±T (c'est-à-dire que si x ∈ Df, alors x+T ∈ Df et x−T ∈ Df) ;

• pour tout x ∈ Df : f(x + T) = f(x).

La courbe d'une fonction périodique se reproduit identique à elle-même tous les T sur l'axe des abscisses.

Exemple

Les fonctions trigonométriques cosinus et sinus sont périodiques de période 2π : cos(x + 2π) = cos(x) pour tout réel x. La fonction « partie décimale » d(x) = x − E(x) (où E(x) est la partie entière de x) est périodique de période 1.

5. Restriction et prolongement d'une fonction

Restriction d'une fonction

Soit f une fonction de domaine Df, et A une partie de Df (A ⊂ Df). La restriction de f à A, notée f|A, est la fonction définie sur A qui coïncide avec f sur A : pour tout x ∈ A, f|A(x) = f(x). On « réduit » simplement le domaine d'étude.

Prolongement d'une fonction

Soit f une fonction de domaine Df, et E′ un ensemble contenant Df (Df ⊂ E′). Une fonction g définie sur E′ est un prolongement de f à E′ si g coïncide avec f sur Df : pour tout x ∈ Df, g(x) = f(x). On « étend » ainsi la fonction à un domaine plus grand.

Exemple classique — prolongement par continuité

Soit f(x) = (x² − 1)/(x − 1), définie sur Df = ℝ \ {1}. Pour x ≠ 1, on peut simplifier : f(x) = (x−1)(x+1)/(x−1) = x + 1. La fonction g(x) = x + 1, définie sur ℝ tout entier, coïncide avec f partout où f est définie : g est donc un prolongement de f à ℝ, qui « comble » le trou en x = 1 (avec g(1) = 2, alors que f(1) n'existait pas).

🧠 À retenir absolument

  • Fonction : au plus une image par élément de E ; application : Df = E (toujours une image).
  • Injective : x1≠x2 ⟹ f(x1)≠f(x2) (droite horizontale coupe au plus une fois). Surjective : tout élément de F a un antécédent (droite horizontale coupe au moins une fois). Bijective : injective + surjective (exactement une fois) ⟹ existence de f⁻¹.
  • Paire : f(−x)=f(x), symétrie par rapport à Oy. Impaire : f(−x)=−f(x), symétrie par rapport à O. Domaine symétrique par rapport à 0 indispensable.
  • Périodique de période T : f(x+T)=f(x) pour tout x du domaine (stable par ±T).
  • Restriction : on réduit le domaine (A ⊂ Df). Prolongement : on étend le domaine (E′ ⊃ Df), en gardant les mêmes valeurs là où f était déjà définie.
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Domaine, image et antécédents

● Facile

On considère la fonction f définie par f(x) = 1/(x − 3).

  1. Déterminer le domaine de définition Df de f.
  2. Calculer l'image de 5 par f.
  3. Déterminer le ou les antécédents de 2 par f.
  4. f est-elle une application de ℝ vers ℝ ? Justifier.
✅ Correction
  1. f(x) existe si et seulement si x − 3 ≠ 0, soit x ≠ 3. Df = ℝ \ {3}.
  2. f(5) = 1/(5−3) = 1/2 = 0,5.
  3. On cherche x tel que f(x) = 2 : 1/(x−3) = 2 ⟺ x−3 = 1/2 ⟺ x = 3,5. Antécédent unique : x = 3,5.
  4. Non, f n'est pas une application de ℝ vers ℝ car Df = ℝ\{3} ≠ ℝ : le réel 3 n'a pas d'image par f.
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Étudier la parité

● Facile

Étudier la parité de chacune des fonctions suivantes (préciser si le domaine est bien symétrique par rapport à 0) :

  1. f(x) = x⁴ − 3x²
  2. g(x) = x³ + x
  3. h(x) = x² + x
  4. k(x) = x/(x²+1)
✅ Correction
  1. Df = ℝ (symétrique). f(−x) = (−x)⁴ − 3(−x)² = x⁴ − 3x² = f(x). f est paire.
  2. Dg = ℝ (symétrique). g(−x) = (−x)³ + (−x) = −x³ − x = −(x³+x) = −g(x). g est impaire.
  3. Dh = ℝ (symétrique). h(−x) = x² − x. On a h(−x) ≠ h(x) (car −x ≠ x en général) et h(−x) ≠ −h(x) (car x²−x ≠ −x²−x en général). h n'est ni paire ni impaire.
  4. Dk = ℝ (symétrique, car x²+1 ne s'annule jamais). k(−x) = (−x)/((−x)²+1) = −x/(x²+1) = −k(x). k est impaire.
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Injection, surjection, bijection

● Moyen

On considère la fonction f : ℝ → ℝ définie par f(x) = x² − 4.

  1. f est-elle injective sur ℝ ? Justifier à l'aide d'un contre-exemple.
  2. f est-elle surjective sur ℝ (vers ℝ) ? Justifier (quelle est la plus petite valeur prise par f ?).
  3. On restreint maintenant f à l'ensemble de départ [0;+∞[ et à l'ensemble d'arrivée [−4;+∞[. Cette nouvelle fonction g est-elle bijective ? Justifier.
  4. Si g est bijective, exprimer g⁻¹(y) en fonction de y.
✅ Correction
  1. Non. Par exemple f(3) = 9−4 = 5 et f(−3) = 9−4 = 5 : deux antécédents distincts (3 et −3) ont la même image. f n'est pas injective sur ℝ.
  2. Non. f(x) = x²−4 ≥ −4 pour tout x (car x²≥0), donc aucune valeur strictement inférieure à −4 (par exemple −10) n'est atteinte. f n'est pas surjective sur ℝ.
  3. Sur [0;+∞[, x²−4 est strictement croissante, donc injective (deux réels positifs distincts ont des carrés distincts). Son image est exactement [−4;+∞[ (le minimum −4 est atteint en x=0, et f(x)→+∞ quand x→+∞ en croissant continûment), donc g est aussi surjective vers [−4;+∞[. g est bijective.
  4. On résout y = x²−4 avec x≥0 : x² = y+4, donc x = √(y+4) (racine positive, car x≥0). g⁻¹(y) = √(y+4), définie pour y ≥ −4.
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Prolongement d'une fonction

● Moyen

On considère la fonction f définie par f(x) = (x² − 9)/(x − 3).

  1. Déterminer le domaine de définition Df de f.
  2. Simplifier l'expression de f(x) pour x ∈ Df.
  3. En déduire une fonction g, définie sur ℝ tout entier, qui prolonge f. Préciser g(3).
  4. La fonction f est-elle paire, impaire, ou ni l'une ni l'autre ? Et la fonction g ?
✅ Correction
  1. f(x) existe si x − 3 ≠ 0, soit x ≠ 3. Df = ℝ \ {3}.
  2. Pour x ≠ 3 : f(x) = (x−3)(x+3)/(x−3) = x + 3.
  3. La fonction g(x) = x + 3, définie sur ℝ, coïncide avec f sur Df = ℝ\{3} : g est un prolongement de f à ℝ. On a g(3) = 3+3 = 6 (alors que f(3) n'existe pas).
  4. Df = ℝ\{3} n'est pas symétrique par rapport à 0 (3 ∈ Df mais −3 ∉ Df, car f(−3) existerait mais la propriété demandée porte sur le domaine complet) : la parité de f ne peut donc pas être étudiée (domaine non symétrique). Pour g : Dg = ℝ (symétrique), mais g(−x) = −x+3 ≠ g(x) = x+3 et g(−x) ≠ −g(x) = −x−3 en général : g n'est ni paire ni impaire.

Problème de synthèse

● Niveau Bac

On considère la fonction f définie sur ℝ par f(x) = x³ − x, et la fonction h définie par h(x) = (x⁴ − 1)/(x² − 1).

  1. Étudier la parité de f. Que peut-on en déduire sur la symétrie de sa courbe ?
  2. f est-elle injective sur ℝ ? (On pourra calculer f(0), f(1) et f(−1) pour trouver un contre-exemple pertinent, ou étudier si plusieurs antécédents distincts peuvent donner la même image.)
  3. Déterminer le domaine de définition Dh de h, puis simplifier son expression pour x ∈ Dh.
  4. En déduire une fonction g, définie sur ℝ tout entier, qui prolonge h. Calculer g(1) et g(−1).
  5. Étudier la parité de la fonction g trouvée à la question précédente.
✅ Correction du problème de synthèse
  1. Df = ℝ (symétrique). f(−x) = (−x)³ − (−x) = −x³ + x = −(x³−x) = −f(x). f est impaire : sa courbe est symétrique par rapport à l'origine O du repère.
  2. f(0) = 0, f(1) = 1−1 = 0, f(−1) = −1+1 = 0. Les trois réels distincts 0, 1 et −1 ont donc tous la même image 0 : f n'est pas injective sur ℝ (au moins deux antécédents distincts, 0 et 1 par exemple, partagent la même image).
  3. h(x) existe si x² − 1 ≠ 0, soit x ≠ 1 et x ≠ −1. Dh = ℝ \ {−1 ; 1}. Pour x ∈ Dh : x⁴−1 = (x²−1)(x²+1), donc h(x) = (x²−1)(x²+1)/(x²−1) = x² + 1.
  4. La fonction g(x) = x² + 1, définie sur ℝ tout entier, coïncide avec h partout où h est définie (Dh ⊂ ℝ) : g est un prolongement de h à ℝ. g(1) = 1+1 = 2 et g(−1) = 1+1 = 2 (valeurs que h ne pouvait pas fournir, faute d'être définie en ces points).
  5. Dg = ℝ (symétrique). g(−x) = (−x)²+1 = x²+1 = g(x) pour tout x. g est paire : sa courbe est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées Oy.

QCM — Auto-évaluation

10 questions · Une seule bonne réponse · Correction immédiate

0Score
0/10Répondues
Question 1 / 10

Une fonction f : E → F est une application lorsque :

Question 2 / 10

Une fonction f est injective si :

Question 3 / 10

Graphiquement, une application est bijective si :

Question 4 / 10

La fonction f : ℝ → ℝ, x ↦ x² n'est pas injective car :

Question 5 / 10

Une fonction f est paire si, pour tout x de son domaine (symétrique par rapport à 0) :

Question 6 / 10

La courbe d'une fonction impaire est symétrique par rapport :

Question 7 / 10

Une fonction f, de domaine Df, est périodique de période T si :

Question 8 / 10

La restriction d'une fonction f à un sous-ensemble A ⊂ Df consiste à :

Question 9 / 10

Soit f(x) = (x²−1)/(x−1), définie sur ℝ\{1}. Un prolongement de f à ℝ tout entier est donné par :

Question 10 / 10

La fonction g : [0;+∞[ → [0;+∞[, x ↦ x² est :